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INTRODUCTION.

Leibniz, et qu'il était digne deson génie d'avoir conçue,
était tout à la fois très-universelle et très-particulière:
et il est plus facile en ces sortes d'affaires de se te-
nir à la vérité générale entrevue que de descendre
dans le détail très-particulier des recherches qu'elle
suppose. Leibniz était merveilleusement doué pour
l'entreprendre, précisément parce qu'il joignait la plus
grande universalité à la particularité la plus savante.
Cet homme, qui se tenait au-dessus des différentes
Églises, afin de les dominer et de les juger, savait
aussi dans le détail les moindres articles de leurs
confessions, et cet esprit spéculatif ne reculait devant
aucun fait ce soin du détail, cette variété des recher-
ches, cette science des faits, ont eu ce résultat heu-
reux, que, si l’œuvre a manqué par ce côté universel
et trop vaste par lequel elle ne pouvait point réussir,
elle est faite pour ainsi dire sur beaucoup de points
particuliers, et que de solides assises ont été posées
pour les conciliations futures en sorte qu'il serait
aujourd'hui aussi impossible aux catholiques de re-
venir sur ce que Bossuet a concédé, qu'aux protes-
tants de ne point consentir à ce que Leibniz et Mola-
nus ont accordé.

Bossuet paraîtra dans ces pages un peu différent
du Bossuet idéal et abstrait que les arts nous ont
représenté plus grand que nature, revêtu d'un man-
teau d'hermine, et planant sur l'invisible auditoire
devant lequel il prononça l'oraison funèbre de Condé.
Récemment encore un poëte nous a dépeint cet
homme pontife, avec la pâleur émue qu'un Père

Bossuet con-

troversiste.
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