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XXVIII INTRODUCTION.

dogmatique de la religion comme un simple recueil de
nuances, d'abstractions métaphysiques de vérités
spéculatives, qu'on peut modifier, altérer même et so
dispenser de croire sans inconvénient pour le salut
conciliateurs latitudinaires, comme il les appelle si
bien, pour qui les diverses religions ne sont que les
notes d'un même concert, les différentes Églises les
strophes d'une même hymne à l'Ëternel, et les nom-
breux credo les formules variées, mais au fond iden-
tiques, de la vérité universelle. A ces théologiens de
l'avenir, à ces apôtres de tolérance et de paix, il ne
manque pour être Leibniz, que cette vaste science,
que cette profondeur de recherches, que cette doctrine
éprouvée, qui en ont fait l'habile adversaire et le rival
souvent heureux de Bossuet. M. de Meaux ne se fût
pas soucié d'un homme qui aurait eu sans cesse à la
bouche les mots de charité, de paix et de conscience,
et qui n'y eût pas joint les mérites plus solides qu'on
est en droit d'attendre d'un théologien et d'un contro-
versiste. Leibniz lui-même ne veut pas qu'on lui fasse
dire dans ses lettres sur la Toléoance des religions que
publiait Pellisson, qu'il parle d'un projet pour réunir
tous les chrétiens, projet extrêmement chimérique,
ajoutait-il, et tel qu'il ne voudrait pas qu'on le soup-
çonnât d'avoir donné là-dedans et il insiste surtout
sur ce qu'il regardait sans doute comme son princi
pal titre, qui est d'avoir excellé de bonne heure aux
controverses, et d'avoir épuisé toute la science théo-
logique de son temps.

C'est qu'une œuvre comme celle qu'entreprenait
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