INTRODUCTION. xxm sermons de Bossuet, dont elles semblent un écho. C'est là ce qu'on pourrait lui reprocher; elle est, si je puis m'exprimer ainsi, trop Bossuétienne, et, com- me la copie ne valut jamais l'original, j'aime mieux, malgé ses défauts, la duchesse Sophie, qui est elle- même, que madame de Brinon, qui est une sorte de Bossuet sous le voile. Leibniz la ménageait d'ailleurs assez peu; il la renvoie à sa conscience, il lui dit de tourner ses exhortations vers ses messieurs, et semble enfin aussi peu convertissable que la duchesse. Ma- dame de Brinon ne se rebuta point elle revint à la charge auprès de monsieur de Meaux; puis, quand elle eut perdu tout espoir de ce côté, elle eut recours à mademoiselle de Scudéry. Hanovre a gardé toute une correspondance de Leib- niz avec mademoiselle de Scudéry, qu'il avait connue à l'époque de son voyage à Paris. Avec mademoi- selle de Scudéry nous courions risque de naviguer en pleine carte du Tendre, et déjà madame de Bri- non, qui s'est faite la vestale de ce beau feu, ne peut s'empêcher de s'écrier, sur le ton de l'hôtel'de Ram- bouillet Mon Dieu qu'il est aisé d'échauffer l'un pour l'autre les beaux esprits! Mademoiselle de Scudéry est pour vous comme si vous aviez été nourris ensemble, et vous ne vous êtes encore écrit qu'une fois. » En effet, mademoiselle de Scudéry, très- affaiblie par ses quatre-vingt-douze ans, avait pris la plume, le 2 mars 1699, pour lui parler de la mort de son perroquet « J'avais un petit perroquet de la grosseur d'un moineau, qui avait un esprit prodi- Mademoiselle de Scudéry et Leibniz.