INTRODUCTION. xxi ajoute-t-il, non sans une joie maligne, je ne saurais dissimuler qu'elle vous a admirablement répondu. Leibniz le prenait avec elle sur un ton plus enjoué et qui allait mieux à son esprit. 11 savait tempérer dans ses lettres la théologie par la critique et l'his- toire des conciles par la mythologie. Il lui envoya, le 6 décembre une lettre très-spirituelle sur le purga- toire, dont le tour un peu sceptique ne devait pas dé- plaire à la duchesse. Il lui dit qu'il lui apporte des dépêches de Pluton. Il en est une autre, d'une confi- dence perfide, que gardent les archives de Hanovre, où il s'émancipe tout à fait avec elle sur les eunu- ques blancs qui y conduiront la princesse au bain. Ici se lève une partie du voile qui recouvre les moeurs de cette cour au fond assez licencieuse. La duchesse aimait les anecdotes, et Leibniz la servait suivant son goût elle a bien plus de la libre humeur d'une Ninon et d'une Sévigné que de la politesse af- fectée des Artémises de l'hôtel de Rambouillet ou de la Sapho du Marais. Cette verve badine, presque licencieuse, son humour, qui est un trait de famille, ont fait croire au scepticisme de la princesse ses enne- mis la représentent comme tout à fait indifférente en matière de religion. Une princesse calviniste et philo- sophe, amie de Thomas Burnet, à qui Collins envoyait son discours sur la libre pensée, que Tolland eut l'honneur d'entretenir à diverses reprises quelle conquête pour les esprits forts, quelle occasion pour les amateurs de scandale! Mais ils oublient qu'elle avait pour la garder du déisme superficiel de Tolland