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INTRODUCTION. xix

on a une belle-fille qui ne l'est pas (1). » Curieuse
et piquante révélation sur les mœurs d'un siècle à
son déclin, et sur la Régence qui approche.
Mais le principal rôle est à la duchesse Sophie; la i
femme du duc Ernest-Auguste, et la plus spirituelle
comme la plus belle des trois filles de cet infortuné
roi de Bohême à qui ses malheurs et sa couronne
perdue ont fait donner le surnom de Winterkœnig
(roi d'un seul hiver). La duchesse était une femme
de tête et de cœur, d'une fermeté d'esprit admirable
et d'une sensibilité vraie. Exclue des affaires par la
supériorité de son mari et la jalousie ombrageuse de
son fils, elle exerçait une sorte d'ascendant dans le
cercle intime dont elle était la reine. Leibniz était
l'âme de ses entretiens d’Herren-Hausen. La du-
chesse était mise au courant de la négociation par
Leibniz et madame de Brinon; elle recevait commu-
nication de toutes les lettres de Bossuet par l'abbesse
de Maubuisson, sa sœur, de toutes les réponses de
Leibniz par ce philosophe même. Madame de Brinon
n'avait jamais complétement perdu l'espoir de la con-
vertir la duchesse avait laissé de si bons souvenirs à
Maubuisson qu'elle les lui rappelle sans cesse. En
1697, elle lui écrit lettre sur lettre. La duchesse, dont
l'humeur railleuse se contenait difficilement, répondit
à ses avances en plaisantant avec une liberté d'esprit
et de langage qui tranchait singulièrement avec la prose
ascétique de madame de Brinon. « Elle est modeste,
(1) Lettre de Louise-Hollandine, à l’Appendice, p. 560.

La duchesse

Sophie.
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