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X VIII INTRODUCTION.

aigreur d'une femme amie des arts, qui avait fait de
Maubuisson, sa riche abbaye, un lieu de délices
presque mondaines, la piété n'avait rien de trop
austère, et dont l'ascétisme, vanté par madame de
Brinon et rappelé par Bossuet dans l'oraison funèbre
de la Palatine ( 1 ), ne dépassait pas les murs du cloître.
Affligée par la maladie, ne marchant plus sans

l'aide du prochain, Louise-Hollandine s'y représente
à sa fenêtre, d'où elle voit arriver de loin ceux qui
venaient lui faire des compliments a avec sa chatte
et les chiens du clos qui ont beaucoup d’esprit », pas
assez toutefois pour lui faire croire avec Leibniz à
leur âme immortelle (2). Elle ne peignait plus, mais
elle était encore artiste j'en juge ainsi par un char-
mant portrait elle critiquait les femmes de son
temps avec moins d'aigreur que Boileau, mais avec
plus d'art peut-être. « Vous me faites, écrit-elle à la
duchesse Sophie, à propos de sa petite-fille, une des-
cription de son beau teint et de toute sa figure, qui
fait plaisir à imaginer, et vous avez bien raison de
dire que, si je peignois encore, je tascherois de me la
représenter assez vivement pour la peindre. En ce
pays-cy; depuis que les femmes prennent du tabac
et boivent des liqueurs fortes et le vin assez pur,
elles sont fort laides. Madame de Nemours, qui avoit
gardé les anciennes mœurs, disoit « Autres fois on
estoit heureuse quand son cocher n'estoit point ivro-
gne à l'heure qu'il est, on est trop heureuse quand
(t) Voir les lettres d'Anne de Gonzague, à l'Appendice, t. I, p. 484.

(2) Voir leslettres de à l’Appendice, p. 561.
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