Home Plain text
Text mode Audio mode
page XVII (screen 22 of 715)
Next page Previous page  
  Last page First page


INTRODUCTION. xvil

aux doutes qu'elle lui avait exprimés au sujet du
concile de Trente, qui ne serait pas reçu en France. Il
paraît que cette lettre avait beaucoup voyagé, et qu'elle
se trouvait alors entre les mains de la duchesse
d'Orléans, mère du régent et belle-sœur de Louis XIV,
dont la vie se passait à correspondre avec l'Allema-
gne, et que Bénédicte avait mise en rapport avec le
philosophe de Hanovre.

Louise-Hollandine, dont les lettres sont plus rares
et d'un grand prix, ne figure dans notre recueil que
pour trois lettres écrites à Leibniz et à la duchesse
Sophie, sa sœur. Mais Herren-Hausen a gardé trois
portraits d'elle. Dans l'un, ses cheveux abondants se
dérobent sous un chapeau mousquetaire. Dans un au-
tre, peint par Hannemann, elle cueille des roses. Son
costume est noble et simple elle porte la robe car-
mélite, quelques rangs de perles autour du cou et
pour retenir ses manches bouffantes. Elle a les yeux
noirs, les sourcils marqués; des touffes de boucles s'é-
chappent de toutes parts. On voit qu'il y avait en elle
de l'héroïne. Telle elle dut apparaître aux yeux char-
més des amis de la reine de Bohême dans ce cercle
choisi de la Haye qu'elle quittera bientôt. Ses lettres
sont datées de Maubuisson. Elle ne cueille plus de
roses, elle ne porte plus de chapeaux mousquetaires,
mais le voile blanc, la robe de laine et « la croix de
bois pendue à un long ruban bleu ». Mais, si l'on n'y
retrouve pas la brillante jeune fille dont la fuite un
peu romanesque avait été l'objet de tant de commen-
taires, elles sentent la vieillesse sans rides et sans

Louise-Hol-

tandine
Text mode Audio mode
page XVII (screen 22 of 715)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text