INTRODUCTION. XI II auraient pu être pris à un piège si bien tendu. C'était, je l'accorde, une critique très-fine, quoique un peu anticipée, de cette manie des disputes, de cette fureur des controverses qui a rempli le XVII' siècle. S'il était si facile de changer de rôle et de prendre le masque de l'adversaire, évidemment les causes de séparation n'étaient pas ausssi profondes qu'on le supposait, et il en était de beaucoup de ces querelles comme de ces torches auxquelles Leibniz a comparé les sectes les plus furieuses vidi ego jactatas mota face creseere flam mas Et vidi nullo concutiente mari (1). Mais, outre qu'il était difficile, même à l'esprit tempérant d'un Leibniz, de soutenir jusqu'au -bout ce rôle impartial et presque impersonnel qu'il s'é- tait donné, il y avait à ce rôle un danger ou un inconvénient très-grave, celui de ne prendre parti pour rien, de rester en suspens, comme il le dit, et de remplacer enfin le fanatisme par l'indifférence. C'est ce que Bossuet lui reprochera plus tard, et ce que Spinola (2) n'a point assez vu peut-être la vérité n'a pas ces allures louches et ne connaît point d'am- bages. S'il reprochait à Bossuet de manquer de ri- gueur dans ses démonstrations,.de. quel droit pou- vait-il recourir à ces ruses,.à ces expédients, à ces adresses enfin plus ou moins innocentes ? Car, il en (1) ovide. (2) Spinola n'accepta pas toute l'offre de Leibnia, il sut choisir heter oblationes vero vestras accipio illant quæ offert, etc.