LII INTRODUCTION. était sans doute porté par les avantages matériels qu'il espérait de l'empereur. Leibniz, comme politi- que, était forcé d'entrer dans cette voie et d'y suivre le duc jusqu'au bout; mais, comme philosophe, il éprouvait quelque répugnance à voir traiter des affaires religieuses de cette manière. Il est impos- sible de méconnaître que Spinola, en prenant pour base l'Exposition de la foi catholique de Bossuet, s'était placé sur un terrain parfaitement convenable que le duc, en l'y suivant, paraissait donner des gages à la future réunion, et que Leibniz, en s'en écartant, semblait seul en ce moment arrêter la mar- che de l'affaire. Toutefois ni le duc ni la duchesse, l'un qui appartenait à la communion luthérienne, l'autre à la religion réformée, n'avaient aucune envie de se laisser convertir et de donner l'exemple à leurs sujets quelques témoignages laisseraient planer certain soupçon de scepticisme sur le couple ducal. Et comment, en effet, le scepticisme ne se serait-il pas glissé dans le domaine religieux à la suite de tous ces intérêts humains ? Gourville, dans ses Mémoires, cite cette parole du duc, que le Seigneur n'avait pas voulu qu'il y eût une opinion décidée, exclusive, sur le sens mystique de la Cène, afin d'excuser toutes les opinions. Quant à la duchesse, elle écrivait à Leibniz que, pour se retrouver au milieu de toutes ces difficul- tés, il ne fallait pas moins que l'intervention d'une se- conde révélation, et que, puisque tout le christianisme était l'œuvre d'une femme, il serait glorieux que la réunion de tous les chrétiens fût également opérée