INTRODUCTION. XLIX 1. n Innocent XI qui, en 1677, avait donné des instruc- tions et accordé un bref, avait ensuite par crainte de la faction gallicane à la tête de laquelle se trou- vait le duc d’Estrées, engagé Spinola à ne parai- tre agir qu'en son nom et recommandé l'affaire au cardinal Bonvisi. Leibniz savait tout; car, dans une lettre à madame de Brinon, il affirme que Spi- nola avait reçu les pouvoirs les plus étendus, même celui de déclarer non schismatique celui qui se trompant dans les choses de foi, pouvait alléguer son ignorance des statuts de l’Église, pourvu qu’il reconnût le grand principe de l'assistance divine inspirant l'Église, et lui dictant ses arrêts dans l'or- dre du salut. Dans cet état de choses, et surtout en présence de la déclaration des théologiens protes- tants d'Helmstadt, on se demande pourquoi la réu- nion ne se fit pas dès cette époque. Tout était pré- haré, et jamais on ne fut plus près de s'entendre. La relation nous l'apprend. La guerre contre les Turcs à Vienne, la faction de la croix qui s'agitait à Berlin, la faction gallicane à Paris et à Rome, en- lin une maladie survenue à Spinola, causèrent des retards et de nouveaux empêchements. Toutefois Spinola fut au-dessus de tout éloge malade d'une goutte sciatique et ne pouvant reposer que sur le côté gauche, il traversa l'Allemagne dans sa chaise, et se fit porter dans les différentes cours protestan- tes. 11 alla deux fois à Rome sous le pontificat d'In- nocent XI il y obtint les conseils et les encourage- ments des cardinaux Cibo, Pio, Spinola des théolo-