INTRODUCTION. XLVII d'essai, et la cour de Rome, toute délicate qu'elle est en ces matières, n'a pas trouvé l'affaire mépri- sable ni mal conduite (1). » Le peu de fondement des doutes élevés contre la mission de Spinola et son entière bonne foi est mani- teste. Cette défiance s'explique toutefois par la dis- crétion très-grande que lui avait recommandée le pape, et le secret qu'il dut garder. Aussi voyons-nous les théologiens protestants, très-divisés sur ce point, les uns approuver, les autres traiter la mission de Spi- nola de piège et la censure des théologiens de Hano- vre de fable. Kunæus, pasteur à Dantzig ancien ennemi du landgrave, travaillait dès lors à un livre intitulé Theoloyia pacifica., ou Histoire de toutes les entreprises iréniques (2). Spener, que Leibniz appelait son ami et avec lequel il était en correspon- dance, blâmait cette immixtion d'un élément hété- rogène au sein de l'Église évangélique, telle qu'il l'avait conçue (3). Il ne faut pas s'étonner de ces dissentiments; car des catholiques d'Allemagne mal instruits, et parmi eux l'un des plus célèbres, que nous retrouverons souvent, le landgrave Ernest de Hesse-Rheinfels, dans une lettre à Leibniz du 11 no- vembre 1684 paraît pour sa part fort étonné des (1) Le tome II comprendra ces divers écrits. On en trouve un à l'Appen- dice du tome 1 qui prépare déjà le Systema theologicum. (2) Pour Kunseus, Rünmtel, t. II, Leibniz indique en outre Scherzeri et Kunæi judicium, Lipsiæ, 1 oct. 1683; Concordix ecclesiasticæ ali- quis prægustus, 8 pas. in-foi.; quæ videntur esse Kunæi. Epistola mea, 13/23 nov. 1690; ubi titulus libri Kunæi. (3) Rümmel, t. I, Introduction. Méflance des protestants et tiescattmti- ques.