INTRODUCTION, xxxu un pape, '1 qui les protestants eux-mêmes rendent hommage, se rencontrèrent pour l'entreprendre. In- nocent XI, Léopold 1" et le duc Ernest-Auguste tra- vaillèrent à cette réunion tantdésirée; et il se trouva, pour les seconder, un homme entièrement consacré à cette oeuvre de paix depuis vingt ans, et qui mé- ritait la confiance dont il fut investi par le pape et par l'empereur, je veux parler de Royas de Spinola. R.oyas de Spinola, né dans les Pays-Bas, originaire d'une illustre famille d'Espagne et moine francis- cain, avait gagné la faveur de Philippe IV, qui l'em- ploya aux affaires de l'État, et avec lequel il vint à Vienne il devint le confesseur de sa fille Margue- rite, première femme de l'empereur Léopold Ier, et fut nommé évêque titulaire de Tina, ou plutôt de Tinninia, en Croatie. A la mort du roi, il fut retenu par l'empereur, qui en avait éprouvé les services sûrs et fidèles. L'affaire de la pacification religieuse l'occupait déjà depuis quinze ans; il avait obtenu, en 1660, des pouvoirs de plénipotentiaire de l'empe- reur en 1662, une commission de l'électeur de Brandebourg; en 1662, une ratification du roi d'Es- pagne, et, depuis vingt ans, un séminaire perpétuel sur le Rhin, pour les jeunes convertis, accordé par le Saint-Siège. Il fut envoyé souvent à l'électeur de Mayence et aux principaux princes protestants, sur tout à ceux de Saxe, de Brandebourg et de Bruns- wick. Là il put s'assurer que leurs dispositions n'é- taient pas telles qu'on se les figurait, et que les esprits étaient moins éloignés de la réunion qu'on ne