INTRODUCTION. xxxv prise, Leibniz y travaillait lui-même activement; et nous ne parlons pas ici seulement de ses réponses aux anti-trinitaires, de sa défense du dogme menacé par Wissowatius, mais d'un grand ouvrage des Démons- tations catholiques (opus sub titulo Demonstrationum. catholicarum), dont il avait conçu le plan avec Boine- bourg, dont il expose le but et les trois parties au duc Jean-Frédéric, et qu'il exécutait déjà; ouvrage par- l’aitement distinct du Syslema theologicum, sur lequel nous reviendrons d'ailleurs (1), distinct par le plan et le choix des matériaux, distinct par le but et l'esprit qui l'a dicté, et où le philosophe, donnant la main à l'apologiste, devait réunir dans un bel ensemble les principales vérités de la foi et celles de la raison. Si donc il y a jamais eu dans la vie de Leibniz une pé- riode ardemment consacrée aux intérêts religieux de l'Allemagne et à la cause de la civilisation européenne, qu'il ne sépara jamais de celle du christianisme, ce fut bien celle qui précéda son voyage en France, ot oû l'amitié de Boinebourg, jointe à la faveur de Schon- born, aux entretiens des frères de Walemburk et au séjour même de Mayence, le disposait en faveur de la paix religieuse de l'AllemagM, cette période de Mayence enfin, où, sans se convertir, sans dissimu- ler à Boinebourg ses véritables sentiments, il attei- gnit le point culminant et embrassa le plus vaste horizon, je veux dire celui d'une Eglise universelle entrevue aux sublimes clartés de sa raison, et dont le catholicisme, invisible, éternel, opérerait tôt ou tard (1) Voir le torne II,