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XXXIV INTRODUCTION.

y faisait circuler des écrits comme l’Heptaplomère de
Bodin, la vérité des mystères était publiquement
attaquée. L'athéisme faisait de très-grands progrès
parmi les gens haut placés, et l'indifférence en ma-
tière de religion était devenue le seul dogme des nou-
veaux sceptiques.

Leibniz, qui dans sa nouvelle résidence était au
vrai point pour étudier ce double mouvement, en fut
très-frappé. La période de Mayence est remplie de
travaux qui y ont rapport. Il écrivait à Arnauld, en
1671 « Un siècle philosophique va naître, le
souci de la vérité, gagnant au dehors des écoles,
se répandra même parmi les politiques. La plus
grande partie des conversions sera palliée. Rien
n'est plus propre en effet à affermir l'athéisme et à
renverser de ses fondements la foi à la religion
chrétienne, déjà si ébranlée par tant de grands, mais
de méchants hommes, que de voir d'une part les
mystères de la foi prônés comme objets de la
croyance de tous, et d'autre part devenus l'objet du
rire de tous, convaincus d'absurdité par les règles les.
plus certaines de la raison commune. Les pires en-
nemis de l'Église sont dans l'Église, et ceux-là sont
plus à craindre que les hérétiques. Il faut prendre
garde que la dernière des hérésies soit, je ne dis pas
l'athéisme, mais le naturalisme publiquement pro-
fessé, et la secte monothéiste (ou des mahométans)
qui, ne faisant qu'ajouter très-peu de dogmes et
quelques rites, s'est emparée de tout l'Orient. »
Non content d'animer Arnauld à cette noble entre-
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