INTRODUCTION. XXXIII I. C entre le cabinet de Mayence et la cour de Rome, pour la réunion des Églises, commença à se répan- dre, Boinebourg, avec l'autorisation du grand-duc, en profita pour arrêter les premières mesures néces- saires afin d'arriver à cette réunion. Ce fut à Mayence, dans la société de Boinebourg qui l'y avait attiré, que Leibniz entendit parler pour la première fois de la paix religieuse. Le chapitre ca- tholique de cette ville, où les principes de l'Église gal- licane prédominaient, et la faculté de théologie de l'université protestante d'Helmstadt, connue par l'es- prit impartial et modéré que George Calixte y avait introduit, semblaient appelés à opérer la réunion des deux Églises. A la tête du parti catholique se trou- vaient les deux frères Pierre et Adrien de Walemburk, l'un suffragaut à Cologne, et l'autre à Mayence, tous les deux partisans des voies modérées. Hermann Conring, pensionné par Louis XIV et l'ami de Boine- bourg, était le défenseur des protestants. D'un autre côté, et pendant que des hommes d'État, des savants, des évêques bien intentionnés, s'efforçaient de faire disparaître le schisme entre les Églises, des sectes re- ligieuses et des écoles philosophiques menaçaient de détruire, les unes les articles de foi du christianisme, et les autres les vérités fondamentales de la religion naturelle. Le socinianisme, protégé publiquement par un prince tolérant et libre penseur, Charles-Louis, électeur palatin, qui venait d'ériger dans sa résidence de Manheim un temple de la Concorde pour les trois confessions dissidentes, se répandait en Allemagne et Leihnia à Mayence.