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MM INTRODUCTION.

Un protestant nommé Prætorius s'était fait la trom-
pette de la paix, Tuba pacis, et il adressait sur ce sujet
une allocution au pape Innocent XI. Ces projets,
quelque incomplets ou impraticables qu'on les sup-
pose, quelque méfiance que la participation des jé-
suites inspirât contre quelques-uns d'entre eux, ré-
pondaient à un besoin du temps.

Des princes prenaient une part active à ces pro-
jets d'union; Jean-Philippe de Schonborn, électeur
de Mayence, les secondait publiquement. Un catho-
lique célèbre, enfin, et converti lui-même, le baron de
Boinebourg, son premier ministre, les autorisait de
son nom et de son irrésistible ascendant. Quand un
homme mûri dans les affaires de l'Ptat, un politique
dont la France, l'Autriche et l'Espagne avaient bri-
gué la voix aux dernières élections d'empire, qui
avait siégé parmi les signataires de la paix des Pyré-
nées, et qui exerçait enfin une sorte d'hégémonie sur
le Rhin, prenait en main l'affaire de la réunion des
protestants avec les catholiques, se concertait avec
l'électeur pour la procurer par les moyens les plus
convenables, et se déclarait hautement le partisan
de l'union, il était permis de croire qu'il y avait
plus qu'un pieux désir de quelques âmes, mais un
sérieux dessein digne d'un politique. Il s'agissait, en
effet, de combler une lacune du traité de Munster, de
s'emparer des premières circonstances favorables,
et d'arriver enfin par une tolérance mutuelle à une
union d'où dépendait peut-être le salut de l'Allema-
gne. Aussi, lorsqu’en 1660 le bruit d'une négociation
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