INTRODUCTION. xxxi triomphes futurs sur Luther et Calvin, et s'exerçait à la controverse où il excellera. Grâce à lui, la langue française n'aura plus rien à envier à la langue latine, quand il aura fait paraître l'Histoire des variations, les Avertissements aux protestants, les Réponses aux ministres Claude .et Jurieu. Aussi l'Église, réduite à se défendre pendant tout le seizième siècle, reprend partout l'offensive au dix-septième, et son prosély- tisme ardent va bientôt arracher dix-sept princes à la réforme. Des conversions éclatantes, comme celle de l'électeur palatin Frédéric V, avaient déjà étonné l'Allemagne (1). Je sais bien que ces victoires mêmes de l'Église créaient de nouveaux obstacles; que, si l'Allemagne avait son traité de Westphalie, l'Église de Rome opposait son concile de Trente, et ne reconnaissait point en droit ce principe de tolérance sans cesse in- voqué par ses adversaires. Mais la paix religieuse était dans l'air, elle y était comme consécration définitive de la paix de Munster; elle y était aussi comme un besoin de l'Allemagne, à qui seule elle pouvait, dans les circonstances pré- sentes, donner la consistance et l'union qui lui man- quaient. Aussi elle était désirée de tous les esprits supérieurs en deçà comme au delà du Rhin, et jus- qu'au delà des monts. Les projets d'union se succé- daient depuis ceux de l'année 1614 jusqu'à celui que le jésuite Masen dédiait en 1662 à Alexandre VII. (1) Voir à l’Appendice.