xxx INTRODUCTION. Renaissance du catholicis- me au xvu· siècle. de s'agrandir aux dépens les uns des autres, mais également affaiblis par la misère et l'ignorance com- munes. La France, dont Richelieu, ce redoutable en- nemi de la prépondérance de l'Autriche, avait consti- tué le protectorat sur les petits États protestants de l'Allemagne, avait habilement profité de ses discor- des pour étendre cette onéreuse protection, depuis le traité des Pyrénées, au delà du Rhin et au centre même des États allemands elle avait des imitateurs et des stipendiés partout dans ces petites cours elle leur avait imposé sa langue, ses mœurs, ses goûts mêmes et son jeune souverain, couronné par la vic- toire, affectait déjà d'inquiétantes prétentions à.la monarchie universelle, prétentions contre lesquelles Leibniz lutta toujours par les triples armes du pu- bliciste, du politique et du jurisconsulte. La renaissance du catholicisme au dix-septième siècle secondait le mouvement catholique en Alle- magne. L'Église, qui avait connu les mauvais. jours et qui venait de traverser des luttes cruelles mais fé- condes, voyait refleurir l'antique tige dont s'était détachée toute une partie de l'Occident; le génie et l'ardeur y rentraient de toutes parts. Genève et les montagnes de la Suisse avaient vu un infatigable apô- tre, saint François de Sales, évangéliaerles protestants au péril de sa vie. blilan revoyait dans l'héritier des Borromée la science et l'humilité d'un Ambroise. Les Duperron n'étaient morts en France que pour re- vivre à la voix des Bérulle, des Olier, des saint Vin- cent de Paul. Bossuet enfin préludait à Metz à ses