XXVIII INTRODUCTION. Position fai- te. aux protes- tants de de l'Al- le traité de Westphalie. et ceux qui s'en occuperont dans la seconde moitié de ce siècle, bien loind'abandonner la réalité pour le rêve, poursuivront les conséquences pratiques de la paix de Munster. La paix accordait une tolérance ci- vile il était naturel de faire un pas de plus et de la changer en une paix perpétuelle. C'est l'esprit du traité contre lequel la cour de Rome a bien pu pro- tester pour un conflit d'attributions, mais qui n'en a pas moins énoncé le principe, que la paix de l’Eu- rope ne sera définitive, et l'équilibre stable, que lors- que l'union des communions chrétiennes sera con- sommée. Quelle position était faite aux protestants de l'Alle- magne par ce traité célèbre? Il est d'autant plus im- portant de s'en rendre bien compte, que nous les verrons souvent s'appuyer sur lui, et lui demander en quelque sorte la consécration de leurs droits. Ils n'étaient point élevés au niveau des états catholiques, mais ils étaient reconnus. Ils n'étaient point déclarés égaux aux sujets catholiques, mais ils étaient tolérés dans l'Empire. Ils avaient, en un mot, obtenu une tolérance civile. Les protestants avaient raison en ce sens de recourir à un instrument de paix par lequel leur existence était reconnue, mais ils avaient tort d'y fonder un droit réel. Cette tolérance même était une preuve de leur infériorité ils n'étaient que tolé- rés, donc ils étaient les plus faibles; et nous insistons doublement sur ce point, d'abord parce qu'il rendait la réunion possible par l'intérêt même qu'y avaient les protestants, et enauite parce qu'il justifie Leibniz