m ● PRÉFACE. heur, et nous-même, accablé quelquefois de soins et de sollicitudes, nous trouvions dans cette audience du grand homme plus que des consolations, et nous ne touchions pas les feuillets sacrés sans nous sentir agrandi et fortifié. Il était difficile d'employer le même procédé de rigoureuse exactitude avec madame de Bri- non, qui écrit abilles pour habiles, et qui de causes secondes fait cose segondent. Quelque habitué que nous soyons à entendre dire que madame de Sévigné ne savait pas l'orthogra- phe, celle de madame de Brinon est tellement arbitraire, et trahit une inexpérience telle qu'il a fallu quelquefois, d'une main discrète, la rendre intelligible par des substitutions de lettres et des retranchements de consonnes parasites. L'écriture est grossière, mais lisible. On y sent partout la main d'une femme sans éducation première, qui s'est formée elle-même et s'est élevée par son propre mérite et la vi- gueur de sa volonté. J'ajoute que plusieurs de ces lettres si incorrectes sont éloquentes et touchent par le coeur. Quant à Pellisson, que ses mauvais yeux réduisaient, comme il le dit spirituellement, au rôle de dictateur perpétuel,