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lJ.-J. J. GOURD. LES TROIS DIALECTIQUES. 29

voies se présentent à elle.' Le rationalisme physique semblerait
pousser dans la première. Avec l'aide du réalisme, nous verrions

ainsi reparaître le matérialisme, cette fois plus radical même que la

̃ première fois. Mais ce serait au prix d'une contradiction. L'objet est

plus clair que le sujet, sans doute, mais à condition d'être lui-même

éclai'ré. Et éclairé par quoi? Par la conscience. Éteignez le sujet, et

tout rentre dans la nuit. II faut donc prendre la voie opposée. ], ;i

C'est l'objet qu'il convient plutôt de convertir en sujet. Mais que la

dialectique se mette bien en garde contre deux écuoils. D'abord,

celui l'hésitation. On connaît, par exemple, la théorie kantienne ]

du noumène. Nous n'y trouvons qu'une conversion partielle de l'objet

en sujet. Le domaine entier de la science y devient subjectif, mais en

laissant derrière lui un domaine objectif inconverti, inconvertible
même, dont l'existence est nécessaire à la sienne. Il y a plus, cet objet

inaccessible se trouverait, on ne sait comment, dans la conscience j

môme, dans le sujet même. Étrange compromis qui ne fait que

déplacer le dualisme, en le compliquant de difficultés nouvelles! Et

pourtant que de fois dans notre siècle la philosophie s'y est attardée!

D'autre part, la dialectique continue à se trouver aux prises avec le

réalisme. Qu'on se souvienne des successeurs subjectivistes de Kant. -“,

Ils n'ont consenti à convertir l'objet en sujet que pour agrandir

aussitôt celui-ci à l'infini, et le réaliser ensuite en un être universel.
Nous voilà de nouveau rejetés dans les aventures et les impasses du ?
panthéisme. En réalisant le sujet à part de l'objet, nous rendons

incompréhensible l'existence de l'objet, de même qu'en réalisant y

l'universel au-dessus des choses particulières, nous rendons inconr-
•préhensible l'existence des choses particulières. La dialectique perd

beaucoup plus qu'elle ne gagne à- de telles spéculations.

C'est au phenoménisme qu'il faut aboutir. Voilà du moins une
̃doctrine qui ne laisse point d'équivoque sur son caractère subjectif. f

D'après elle, les faits de conscience' que la dialectique s'efforce de ~3

coordonner n'ont point de portée au-delà d'eux-mêmes. Qu'on ne

voie en eux ni de simples manifestations ni de simples.signes. S'ils

̃signifient quelque chose, s'ils manifestent quelque chose, c'est eux-

mêmes. Ici, le signe ne se distingue pas de la chose signifiée. En

f d'autres termes, les faits de conscience deviennent toute la réalité.

.Faits de conscience, et rien que cela, les événements du monde phy- 'J

sique et psychique que nous croyons extérieurs à nous. Faits conr

science, et rien que cela, la réalité interne que les àncipnnes philo-
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