6 V° CONGRÈS NATIONAL ORDINAIRE
d'avenir, posent pour les délégués la nécessité absolue et la responsabilité lourde
de les discuter à fond, en affrontant et confrontant les doctrines.
La discussion a besoin d'être claire, elle a besoin d'être large. Les pro-,
blèmes doivent être fouillés à fond, et il faut qu'à la fin de ses débats, à l'issue
de ses travaux, le Congrès puisse se séparer en donnant à .notre Centrale révo-
lutionnaire une orientation nette sur les problèmes posés, un programme précis
à exposer et à défendre devant les masses ouvrières..
Enfin, camarades, il faut qu'il sorte de ce Congrès des solutions claires
afin que demain, après son Ve Congrès. la C.G.T.U. puisse jouer son rôle
d'avant-garde révolutionnaire pour la défense des revendications des travail-
leurs en les acheminant vers leur libération totale. (Applaudissements.)
Camarades, nous plaçons ce Congrés sous la présidence, d'honneur de l'en-
semble des emprisonnés, sous la présidence de nos camarades détenus à la
Santé ;et aussi des camarades Monmousseau, Racamond et autres qui, de par
les mesures policières de répression, ne peuvent ¡prendre la part qui leur revient
dé droit en participant effectivement à nos travaux
Je vais, à ce sujet, vous soumettre la résolution suivante
Le Ve Congrès de la C.G.T.U. s'élève étiergiquemenl contre- l'interdiction
des salles municipalcs pour sa tenue, alors que la C.G.T. bénéficie de toutes
les faveurs du pouvoir et tient son Conarès au gymnase municipal Japy.
Le Congrès demande aux travailleurs de comprendré toute la significatiort
de cet acte arbitraire du gouvernement bourgeois contre la C.G.T.U. qui est,
au même titre que la C.G.T., une ,organisation légale.
Ce nouveau pas dans la'répression confirme la justesse des appréciations
de notre Centrale syndicale révolutionnaire sur le rôle d'agent actif de la bour-
geoisie que joue la C.G.T. et sur la volonté du gouvernement de mettre dans
l'illégalité notre C.G.T.U. dont l'influence sur les masses ouvrières ne cesse
de grandir et gui a montré, au travers de multiples luttes contre la bour-
geoisie, qu'elle était la séude organisation économique de classe du prolétariat.
La C.G.T.V., en plaçant son Congrès sous la sauvegarde des ouvriers de
la Région parisienne, alerte le prolétariat de ce pays pour développer la lutte
contre la répression en accentuant Yaction pour les revendications immédiates,
en travaillant activement pour le renforcement des syndicats unitaires, en
organisant les manijestations sur le,lieu du travail et dans la rue..
Le Congrès af firme sa solidarité avec toutes les vic'times de la répression
internationale.
Il appelle les ouvriers à lutter pour la mise en liberté immédiate des em-
prisonnés pour faits politiques, syndicaux et antimilitaristes et la levée des
poursuites afin que les camarades des directions du P.C. et de la C.G.T.U.
puissent reprendre leur activité légale.
Le Congrès s'élève avec force contre le nouveau crime que s'apprête .1
ctimmettre le capitalisme américain envers les courageux grérristes de Gastonia.
Il detnattdé à tous, les syndicats unitpires d'organiser- la protestation des
ouvriers pour sauver de la chaise électrique ceux qui n'ont fait que dépendre
leur droit 'l'existence.
LE PRÉSIDENT. Je mets aux voix cette résolution.
(Elle est. adoptée à l'unanimité.)
Le Président. Je passe la parole à Claveri.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)