PREMIÈRE JOURNÉE 69 second tour des élections municipales. Or, à Halluin, on a vu le résultat des élections municipales! UN Délégué. Cela n'a rien à faire! 1 MARTIN. Mais quand un parti politique déclare qu'en s'ingérant dans nos organisations, il donne de la force à la'C.G.T.U. et aux ouvriers révolutionnaires qu'il touche, nous disons que ce n'est pas tout et qu'à la grève d'Halluin, après six mois, le parti politique a été moins fort qu'auparavant. (Protestations.) DECLERCQ. Ce sont les chiffres officiels ? MARTIN. Camarade Declercq, tu m'interromps comme c'est ton droit, mais je te dirai en passant que tes copains d'Halluin viennent nous raconter autre chose. (Bruit-) LE Président. Camarades, je vous demande d'écouter en, silence. Ce que dit Martin est très intéressant. MARTIN. En demandant la parole, je n'avais pas l'intention de vous faire plaisir. Pensez-vous que nous puissions avoir moins d'amour-propre que vous ? Notre passé répond au vôtre. Nous n'oublierons pas que, parmi vous, s'il en est sur qui on peut compter dans l'action, il en est d'autres sur lesquels on peut compter seulement dans l'inaction. Ce n'est pas la première fois que nous le disons, nous n'avons pas de leçons à recevoir de vous. Sur le rapport d'activité et l'intervention de Gitto.n, nous n'avions rien à apprendre. Il est trop commode de faire du sentimenta'lisme cela ne prend plus Camarades, à la clôture de ce Congrès, vous vous prononcerez pour la prédominance d'un parti politique sur notre organisation syndicale ou, pour l'indépendance de ce mouvement. Il n'y a pas de moyen terme. Vous aurez beau chercher des combinaisons ou vous direz que Je Parti communiste, fraction dirigeante du prolétariat, devra commander aux organisations syndicales ou vous direz lé contraire. Ou bien encore, comme Raynaud, dans son intervention au Congrès de l'Union, « fraction dirigeante » furent les mots écrits, mais il avait dit que le Parti communiste devait commander à la C.G.T.U. (Bruit.) LE Président. Tu as mal compris, camarade. MARTIN. Nous tenons à déclarer que depuis que les syndicats unitaires ont été constitués, tous nos efforts ont tendu à ce que le mouvement unitaire soit indépendant, et nous continuerons. Nous estimons que, jusqu'à ce jour, mal- gré toutes les déclamations, la preuve ne nous a pas été apportée qu'un parti puisse avoir la prétention de diriger le mouvement ouvrier. Cela peut vous choquer, mais, camarades, il faudrait tenir compte aussi que si des organisations se sont prononcées pour le rapport d'activité, il en est d'autres qui se sont partagées en deux, d'autres encore qui se sont pronon- cées contre. Et il faudra que vous nous disiez, à nous qui voulons l'indépendance du mouvement syndical, si, en votant la résolution de la C.E., vous estimez que nous devons nous plier devant cette subordination. Il ne s'agira pas, en fin de Congrès, de faire un nègre blanc. Il ne s'agira pas, comme à Bordeaux, devant les protestations de la minorité, de retirer des statuts les mots « dictature du prolétariat » pour nous amener une nou- velle foutaise deux ans après. Nous ne sommes pas contre le rapport d'activité uniquement pour la réso- lution qui le clôture. Nous sommes contre le rapport d'activité parce qu'il est