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PREMIÈRE JOURNÉE 67

Martin. Il en est peut-être qui sont passés du côté de la bourgeoisie,
c'est possible mais quand on vient nous dire que le critérium du révolution-
naire aujourd'hui, c'est d'avoir été prison, souvenez-vous d'Hervé, et dites-moi si
c'est un critérium cela ?

RICHÉTTA. Ce n'est pas un argument.

Martin. Il y a quelque chose de public dans ce .Congrès, et nous dépo-
serons une motion. Nous avons ici un certain nombre de nos camarades repré-
sentants d'organisations syndicales, et nous poserons la question à Ia. Commis-
sion exécutive de la C.G.T.U. Nous dirons à ces camarades-là II faut nommer
.une commission d'enquête, il faut savoir le nom de tous ceux qui étaient dans
le secret, et si, parmi ceux-là personne ne se dénonce, comme ayant dit le
but de la réunion et le lieu de la réunion de Villeneuve-Saint-Georges à la
police, nous proposerons que tous ceux qui étaient dans le secret de cette
réunion ne puissent pas accéder à une fonction syndicale pendant un nombre
d'années déterminé. (Eaclamations. Mouvements divers.)

Quand on se trouve dans une situation comme la situation actuelle, quanq1
on sait que Chiappe ou Tardieu peuvent se servir de tous ceux qui leur tom
bent sous la main, le devoir de la classe ouvrière (et tout à l'heure un de
nos camarades de la majorité le disait) doit être d'utiliser toutes les armes
pour lutter contre ces gens-là. Je dis donc qu'il vaut mieux se priver de
quelques bons militants pendant un certain temps que de risquer de conser-
ver un mouchard dans ses rangs. (Protestations.)

Vous en penserez ce que vous voudrez notre siège est fait. Nous avons
donc le droit de dire et de penser que, parmi ceux qui étaient au courant
du lieu de réunion de Villeneuve-Saint-Georges, il y a des véreux, et je me
demande si, n'étant pas renseignés, vous continuerez toujours aux uns et aux
autres le droit de faire bonne ligure sans vous demander «. Est-ce lui le mou-
chard ? »

Je laisse à chacun de vous le soin de tirer les conséquences de ce fait
de Villeneuve-Saint-Georges, car c'est un cas-type.

Nous n'avons pas de mal à le déclarer Monmousseau l'a écrit, d'autres l'ont
écrit le Comité syndical des Typos unitaires parisiens n'a pas convoqué d'as-
semblée générale en vue de ce Congrès. Comme l'a écrit si élégamment Mon-
mousseau, le Comité syndical a désigné lui-même ses mandataires ici. S'il a
cru dire quelque chose contre nous, qui puisse nous gêner, qu'il soit tran-
quille, cela ne nous gêne pas. Le Comité syndical des Typos n'a pas peur de
le dire, il n'est pas de ceux qui, depuis que la C.G.T.U. existe, votent toujours
des résolutions, acceptent tout, sont totites les fois avec la majorité confédérale
'et qui n'acceptent rien

Du point de vue syndical, nous acceptons ce qui doit être appliqué, ce qui
est applicable, ce qu'il est possible de faire. Pour le 1e'' Août, le Comité syn-
dical a pris position. Et puis, il a convoqué une assemblée générale il a
pensé, le Comité syndical des Typos, que si les mœurs syndicales ne sont pas
vaines en ce moment, il faut au moins faire le nécessaire pour qu'elles soient un
peu meilleures. Nous estimons que les délégués à une Commission exécutive,
que les secrétaires d'organisation ne sont pas des César au petit pied. Quand
il y a une décision à prendre, il faut que les camarades interviennent eux-mê-
mes et ils doivent se prononcer.

Nous avons convoqué l'assemblée générale et la question du ler A'oût y a
été discutée à fond.

Richétta. .Elle a été combattue par vous.
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