66 V° CONGRÈS NATIONAL ORDINAIRE
avons eu souventes fois devant les yeux la manifestation du rôle mauvais que
cela avait pour le recrutement syndical..
On a essayé tout il l'heure de créer une confusion en disant Vous 'nous
reprochez à nous, membres du parti, de nous réunir, de prendre des décisions
en dehors du Congrès, mais vous vous réunissez aussi puisqu'on a lu ce matin
une note demandant aux minoritaires de se réunir dans une salle de l'avenue
Mathurin-Moreau.
.Nous n'avons jamais dénié à qui que ce soit, à quelques camarades que
ce soient, le droit de se rencontrer pour se mettre d'accord sur des points de
vue, sur la lutte nouvelle à mener. Nous trouvons tout à fait normal que nos
camarades communistes se réunissent en fractions. S'il n'y avait que cela, il
n'y aurait jamais eu entre eux et nous les discussions qui ont existé dans le
passé et qui existent encore aujourd'hui.
Nous n'avons pas l'habitude, même quand un Congrès a une forte majo-
rité contre nous, de dire autre chose que le fond de notre pensée. Ce que nous
n'acceptons pas, que nous n'accepterons pas dans l'avenir, clest que notre orga-
nisation syndicale soit jugulée, que notre, organisation syndicale se voie passer
un licol par des hommes qui, peut-être, sont essentiellement des révolutionnai-
res, mais qui, en tout cas, n'ont aucune responsabilité dans les organisations
syndicales.
Nous n'accepterons pas, nous l'avons déjà dit, nous le répéterons encore,
qu'un parti, si révolutionnaire soit-il, mais qui, dans son organe quotidien, dé-
clare toutes les semaines qu'il fait l'épuration, et qu'on y découvre des bourri-
ques, nous n'accepterons pas que ce parti nous dirige. Camarades, depuis
ce matin, on en entend dans notre coin
On nous parle volontiers de policiers et il faut entendre à ce sujet les
copains de droite ou de gauche. Les policiers, il paraît qu'ils sont chez nous.
minoritaires- Je ne nie pas que dans n'importe quel grotupement d'individus il
y a des policiers, mais quand on est aussi bien servi que vous l'êtes on a la
pudeur de se taire. (Protestations.)
On dit que le parti révolutionnaire a des bourriques chez lui parce qu'il
lutte contre la bourgeoisie, mais souvenez-vous qu'il y a quelques années, il y
avait un groupement philosophique, duquel je peux parler, car je ne lui ai jamais
appartenu, et contre lequel vous avez lutté énormément or, le plus gros grief
que vous faisiez aux camarades qui appartenaient à ce groupement, c'était
d'avoir parmi eux des policiers.
UN, DÉLÉGUÉ .Qui nous connaissaient.
MARTIN. Eh bien, camarades, je dis qu'avant de lancer des accusations
comme vous le faites, vous (feriez bien de vous épurer je n'accepterai pas, et
mes camarades n'accepteront pas pour leur compte, que votre parti, avant qu'il
soit complètement épuré, puisse avoir une figure honnête devant nous. (Protes-
'tations.)
On nous a dit tout à l'heure qu'il fallait éviter les provocations, je n'ai pas
l'intention d'en faire mais je n'oublie pas qu'Engler nous a lu tout à l'heure
un document où il était question de personnalités et de questions d'individus à
individus. Si ce ne sont pas là des questions qui se discutent dans un Congrès,
je dénie à qui que ce soit le droit de venir dire à des militants des choses comme
on en écrit là-dedans.
Vous avez peut-être un passé révolutionnaires merveilleux, ceux qui ne sont
pas d'accord avec vous sont réformistes et tout ce que vous voudrez mais il
en est d'autres que vous qui ont lutté, il en est d'autres que vous qui ont
payé.
Richetta. Ils sont passés du côté de la bourgeoisie..
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)