PREMIÈRE JOURNÉE 63
de la Fédération des Ports et Docks unitaire qui invitait également les dockers,
à ne pas chômer 'le 1er Août.
N'est-ce point servir la cause des réformistes et du patronat, tout cela ?
N'est-ce point..trahir les camarades dockers? (.Applaudissements.) Pourtant -:et
ceci, Engler lie l'a. pas dit à Bordeaux, le im Août, 90 des dockers ont
chômé et se sont attrüpés avec la police. 'II y a encore des dockers emprisonnés.
d'ailleurs, et nous en rendons responsable la Fédération.
Ce que Engler a encore omis de vous dire, .c'est que nos camarades de
Port-de-Bouc et de Saint-Louis-du-Rhône ont 4ait également le 40r Août, et cela
malgré 'la dépêche de Ciavaldini. Celui-ci, d'ailleurs, m'a donné des. explica-
tions -que je crois sincères et qu'il viendra sans doute renouveler à cette tri-
bune.
Nos camarades de Pauillac également ont fait le 1"' Août.
Puis, chose plus curieuse, nos camarades de Nantes, qui étaient hier encore
confédérés, et qui viennent aujourd'hui, au nombre de six cents, à la C.G.T:LI,
(Vif alrplauclissements) ont arrêté le travail sur le 'port de Nantes à quatre heures
de l'après-midi et se sont joints aux manifestation organisées par l'Union locale
et par l'Union régionale unitaires.
Voyez-vous, camarades, si nos camarades secrétaires de la Fédération des
l'orts. et'Docks étaient allés dans tous 'les ports de France faire de la propa-
gande en faveur de la démonstration du 1er Août, je dis que 95 ou 100 des
dockers de France auraient répondu au mot d'ordre de la C.G-T.U.
J'en ai terminé, les questions que j'avais notées se trouvant consignées dans
les rapports présentés. Mais, pour bien préciser l'attitude de la Fédération des
Ports et Docks, je vais encore vous citer un exemple.
Elle édite, de temps àt autre, un journal dont le titre vient d'être changé
hier, et qui s'appelait L'Unité Ouvrière. Ce journal, on ne l'envoie pas au secré-
taire du ;port dé Bordeaux, mais on l'adresse six camarades qui appartien-
nent à la « Ligue syndicaliste o et à La Révolution Prolétarienne. Et savez-vous
ce que font ces individus? On a bien soin du ne pas distribuer le journal en
question dans les entreprises oit il y a 100 d'ouvriers syndiqués unitaires. On
le distribue aux ouvriers confédérés dans les entreprises comme Worms. Quand
les camarades confédérés lisent ça, je vous prie de croire qu'ils s'amusent.
En uiïet, dans le journal de la Fédération des Ports et Docks, on ne
voit que critiques à l'adresse des militants de la C.G.T.U. et du Parti com-
muniste. Quant aux revendications générales des dockers, on n'en dit pas un
mot.
Quant s'i moi, qui ne suis pas docker, si j'avais la possibilité de' me ren-
contrer dans les assemblées de dockers avec mon camarade Engler, je pense
qu'il me permettrait de prendre la parole.
UN Délégué. Ce n'est pas sûr
Leboursier. Peut-être feriit-il comme on fait ses camarades, il y a deux
jours ?
Je suis certain qu'après explications 'les dockers seraient a même de juger
de quel côté se trouvent leurs véritables défenseurs.
Nous avons dit 'hier, au Congrès fédéral, que nous voulions cesser les insul-
tes que nous avions échangées jusqu'à présent. Nous avons dit qu'il était temps
de se mettre au travail dans 1'intérêt des dockers. D'accord, mais nous avons
demandé que le journal fédéral soit mis à la disposition des dockers, non pour
insulter les militants de la C.G.T.U. et du Parti communiste, mais pour y dis-
cuter les revendications générales des dockers et pour y tracer un programme
revendicatif. Savez-vous ce qu'on nous a répondu? On nous a répondu «Nous
continuerons notre propagande et la discussion de nos questions de tendances,
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)