V° CONGRÈS NATIONAL ORBINAIRE Ce dernier est pourtant sincère de temps en temps-. C'est ainsi qu'il si rendu hommage aux forces syndicales de Bordeaux en disant qu'elles avaient leur place- dans. la Fédération. Mais,, c'est assez naturel, puisque ce syndicat compte plus de membres. Par contre, malgré ce. nombre imposant d'adhérents, le syndicat de Bordeaux n'a droit qu'à deux voix au Congrès fédéral.. Il y a pour- tant des syndicats qui, ne comptent que 25 à 30 membres et qui ont malgré tout une voix dans la Fédération. Il est vrai aussi qu'il est de nos camarades de la. majorité confédérale des Ports- qui. ne sont pas encore tout fait radicalisés et qui ont omis d'envoyer sept des leurs. Sur ce point, je suis d'accord: avec Engler. Mais il faut tout de même reconnaître que sa victoire n'a pas. l'importance qu'il lui attribue. Enfin; je voudrais- rappeler nos camarades de la minorité que nous n'avons pas à dédaigner ici les représentants des- inorganisés. Engler lui-même voudra bien se rappeler avec moi que, lors de la grève de Rouen, s'il y avait quelques syndiqués, il y avait surtout des inorganisés qui montraient autant, sinon plus, de combativité que des camarades des syndicats. A Bordeaux, d'ailleurs, il en fut de même. Sur 3.000. dockers. 300 à peine étaient syndiqués et pendant 56 jours, à côté des 300 camarades des syndi- cats, c'est surtout la masse des inorganisés qui a tenu, faisant de l'action directe et aidant les autres ai remporter la victoire sur la Fédération maritime. Aussi, au nom des dockers- de Bordeaux, je salue ici les camarades inorganisés qui sont venus à notre Congrès et je leur demande, leur retour dans les usines, les chantiers et les magasins, de faire la propagande utile pour renforcer notre C.G.T.U- et amener les leurs à venir collaborer avec nous à la lutte contre le patronat. (Applaudissements.) Engler, a dit qu'en ce qui concerne le lor Août, la question avait été discutée au sein du Comité fédéral. lA a cité des exemples montrant que les. ouvriers dockers étaient vraiment plus révolutionnaires que ceux des autres corporations. C'est vrai. J'estime, moi aussi, que- les ouvriers dockers sont animés d'un, magni- fique esprit de lutte révolutionnaire. Mais il: ne faudrait pas, cependant,. mettre un fretin leur ardeur. Il ne faudrait pas les empêcher d'entrer dans la lutte et de faire leur devoir de classe. Or, c'est ce qu'a fait la Fédération des Ports et Docks. Pourtant, notre C.G.T.U- né demandait rien d'extraordinaire. Sa circulaire précisait seulement que chaque organisation syndicale devait, suivant ses moyens et ses possibilités, faire une démonstration contre la guerre. Cette dé- imonstration .pouvait être de vingt-quatre heures ou simplement d'une heure. En tout cas, puisque nos camarades de la, Fédération des Ports et Docks connaissent si bien l'esprit .révolutionnaire des dockers, ils avaient un devoir accompli. Ils devaient aller dans les ports, réunir les dockers dans d'immen-" ses assemblées générales et là les mettre en présence des méthodes de rationa- lisation. qui sont employées contre eux, de la politique de diminution des salai- res ainsi que des dangers de guerre. Leur devoir était de dire à ces. camarades «( Vous qui êtes si combatifs, vous serez aux côtés de la C. G; T. U. pour des- cendre dans la rue le 1e' Août et pour lutter contre la guerre. (Applaudis- sements.) Vous n'avez rien fait de tout cela et vous êtes surpris aujourd'hui que dans les journaux du Parti communiste et de la C.G.T-U. l'on, vous traite de briseurs de grèves et de jaunes. Mais c'est que,. camarades, les réformistes en ont 'fait autant. Les quelques confédérés qui se. trouvent sur le port de Bor- deaux ont édité des tracts disant qu'ils étaient en complet accord avec la Fédé- ration des Ports et Docks Unitaire et invitant lés ouvriers dockers à chômer le 1er Août. Or, à la suite de ces quelques lignes était reproduite la résolution