PREMIÈRE JOURNÉE 61
avant le 1er Août. Alors que. les camarades des Dockers de Dunkerque
devaient chômer le 1er Août, je me demande ce que Engler a été faire,
avec le camarade Baly, en sortant de Dunkerque, à Outreau. Essayer de dimi-
nuer le prestige du camarade Arthur Bour. Malgré les manœuvres de Engler,
nous sommes descendus dans la rite le 1er Août. Nous avons tenu le pavé
Èi tel point que nous avons eu trente-trois arrêtés. Tu entends, Engler Tu le
sais, d'abord. (Applaudissements.)
Tout à l'heure, Engler nous disait « Les Dockers sont révolutionnaires. »
Oui, mais les Dockers sont bridés par l'ensemble de la minorité, qui est. guidée
par Engler et Bour, qui chloroforment les permanents des ports, qui eux-mêmes
chloroforment leurs adhérents. Si les Dockers n'étaient pas chloroformés par
ces mêmes permanents, Olivier, de Dunkerque et Ciavaldini, de Marseille,
seraient bientôt balancés, et les secrétaires fédéraux eux-mêmes.
LE PRÉSIDENT. La parole est au camarade Lelioursier, des Dockers de
Bordeaux.
INTERVENTION DE LEBOURSIER
Leboùrsier. Camarades, il ne faut ipas qu'on voie dans ce Congrès le
même spectacle que celui qu'on a vu à la Bourse dit Travail de Paris lorsque
les majoritaires de la Fédération des Ports et Docks se sont rués à vingt sur
les camarades de la minorité pour les sortir de la Bourse du Travail. Je demande,
comme il a été déclaré publiquement hier, aux camarades de la majorité confé-
ilérale et aux camarades du Parti communiste d'écouter en silence tous les
camarades minoritaires quels qu'ils soient, qu'on ne les insulte pas et qu'on ne
les frappe pas. Hier,- j'ai pris l'engagement de faire cette déclaration, et je pense
que nos camarades de la Fédération des Ports et Docks seront satisfaits puisque
je le leur avais promis.
Tout à l'heure notre camarade Engler est venu faire ici un exposé sur la
situation des Ports et Docks unitaires. Il a un peu, comme on dit, raconté
l'histoire à -sa façon et après avoir remporté une victoire à la Pyrrhus. Nous
allons nous expliquer tout à l'heure. Il a dit « Malgré toutes les calomnies,
malgré toutes les insultes, nous sommes toujours majoritaires au sein de la
Fédération des Ports et Docks.» Oui, il est facile, camarades, de se créer une
majorité comme celle que se sont créée les secrétaires de la Fédération des Ports
et Docks. Voyez-vous, Bour a entrepris dans tous les ports et tout à l'heure
le camarade de Boulogne le signalait une vaste tournée de propagande. On
n'a même pas réuni en assemblée générale les ouvriers dockers pour leur expli-
quer la position de la Fédération des Ports et Docks. On n'a même pas réuni
les ouvriers des ports pour leur expliquer 'le programme de la C.G.T.U. On s'est
contenté de passer dans les ports ramasser des mandats. Notre camarade Engler
qui, depuis le Congrès de Bordeaux aurait dû, à mon sens, appliquer les réso
lutions votées, n'a pas encore eu le temps sans doute de constituer le syndicat
unique d'industrie sur le -port. Naturellement, s'il avait constitué le syndicat
d'industrie, il n'aurait pas eu neuf syndicats sur le port de Rouen. J'aurais pu
faire la même opération à Bordeaux. Depuis, je suis secrétaire, non parce que
je suis docker, on me le reproche, mais parce que j'ai gagné la confiance des
camarades dockers de Bordeaux, .qui m'ont vu à la tête pendant la grève de 1928.
J'aurais pu faire une opération identique à celle d'Engler et créer des syn.
dicats de charbonniers, de charretiers, de chauffeurs d'auto, etc., etc. Nous
aurions amené une dizaine de syndicats de plus au Congrès fédéral et Engler'
lui-même eût été handicapé. Tout cela, pour que vous soyez tous au courant
de ce qu'est la majorité constituée par Engler.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)