60 V° CONGRÈS NATIONAL ORDINAIRE Les Normaliens ont donc répondu, et c'est cela qui compte, pour nous sur- tout. Face à ceux qui nous ont insultés, surtout face au Bureau confédéral, qui a pris position dans les articles de La Vie Ouvrière et de L'Humanité, à ceux qui essayent de tromper les Normaliens en leur disant que toutes les écoles nor- males ont suivi, nous disons « Qu'auriez-vous fait à notre place ? II est facile de dire à des camarades grève jusqu'au bout, sans leur dire comment ils peuvent lutter en restant à l'extérieur, alors que l'on sait bien que les Normaliens étaient tous des mineurs et que, par conséquent, dès le lende- main, les parents qui n'approuvaient pas leur geste seraient là et les oblige- raient à rentrer. Dans cette lutte, nous nous sommes refusés à pousser nos camarades à une grève sans issue nous les avons traités en hommes, et c'est eux seuls qui ont décidé en pleine connaissance de cause. Nous nous sommes refusés à les pousser à la résistance jusqu'au bout parce que nous ne voyions pas le bout on n'aper- cevait pas le bout, et nous savions bien que dès le lendemain, alors que même le directeur n'avait pas écrit aux parents; Jes parents auraient été là et que c'eût été la débandade chez ces jeunes gens. Les facteurs parisiens, qui ont fait 24 heures de grève, ont préféré rentrer. Avant eux, les Normaliens de Quimper ont préféré, après 48 heures, rentrer la tête haute, tous en bloc. Us ont bien fait. On a voulu, après ce bon mouvement des .Normaliens, discréditer les mili- tants du Finistère. On sait bien qu'aucun syndicat de la Fédération n'aurait pu faire plus que nous, mais l'occasion était bonne pour essayer de nous abattre. Nous savons qu'il faut employer tous les moyens pour atteindre ceux qui ne veulent pas suivre les directives d'un parti. Nous savons qu'on avait cru trouver là le moyen, en nous calomniant, en nous traitant d'agents de la bourgeoisie, de nous éreinter. On n'a pas réussi on ne nous abat pas ainsi, et le personnel enseignant sait reconnaître ceux qui sont toujours dans la lutte à côté de lui. Nous sommes ici, malgré tout ce qu'on a écrit contre nous, la tête haute. Nous estimons que dans ce mouvement, nous avons ,fait tout notre devoir, et nous continuerons dans la voie que nous nous sommes tracée. Nous continuerons, forts de la sympathie, de la presque unanimité des Normaliens d'abord, forts de l'appui du personnel enseignant du Finistère et forts aussi de l'appui de ceux qui veulent voir clair et qui ne veulent pas se mettre sous la houlette d'un parti qui se dit à l'avant-gartle et qui, cependant, hva pas encore su obliger tous ses membres à adhérer à un syndicat. Nous continuons à penser que ceux qui, après n'avoir tenu aucun compte de l'organisation responsable pour organiser faction, ceux qui, après avoir nui à la cause des Normaliens en attachant aux victimes du 19 juin le mouvement à la queue du lor Août, ceux qui ont signalé à l'admi- nistration un camarade, ceux qui ont essaye de pousser les Normaliens dans une. aventure, sans leur donner le moyen de continuer la lutte, nous pensons que ceux-là ont saboté le mouvement des Normaliens de Quimper. Ils auront beau crier à la trahison, ils n'arriveront pas à cacher leurs fautes. Malgré tout ce qu'ils ont dit et tout ce qu'ils ont écrit, ils n'arriveront pas à empêcher la classe ouvrière de voir clair et de reconnaître quels sont ceux qui, dans cette affaire, ont été les véritables défenseurs des Normaliens et les véritables adver- saires du régime lui-même. LE Président. La parole est au camarade Douchain, des Dockers de Boulogne. Douchain. Je demanderai à notre camarade Engler, au sujet de son intervention de tout à l'heure, ce qu'il a été faire à Dunkérque, tout de suite