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le Congrès fédéral, a une grosse majorité, a désapprouvé ces injures lancées
contre nous.
11 est vrai qu'ensuite un de nos- accusateurs, dans un petit comité secret où
nous n'étions pas présents le Comité exécutif de l'internationale de l'Ensei-
gnement nous a fait voter un blâme, mais en ajoutant que le personnel
enseignant du Finistère saurait faire les déductions qui s'imposent.
Nous sommes certains que, lorsque nous allons rentrer, nos camarades,
après les Congrès auxquels. nous avons assistés, feront les déductions qui s'im-
posent.
Nous avons conscience, en efTet, d'avoir fait tout nôtre devoir et nous atten-
dons que l'on nous indique le travail de ceux qui oublient la solidarité et essaient
de cacher leurs fautes.
Nous arrivons it la fin, du mouvement c'est la rentrée. Le syndicat organise
la réunion des Normaliens, ceux-ci décident de ne pas rentrer. Toutefois, c'est
la rentrée en fait, parce qu'un certain nombre d'entre eux étaient déjà rentrés,
et ils décident la rentrée à l'intérieur.
Le lendemain, ils ressortent, et c'est la grève de 48 heures.
Le samedi 29 juin, ils nous appellent. Mais, auparavant, ils avaient décidé
d'appeler les représentants de l'Union. fédérale et de l'Internationale de l'Ensei-
gnement, en leur demandant surtout de ne plus rien faire pour essayer de faire
dévier le mouvement.
Le soir, les Normaliens se réunissent et examinent la situation et, devant
l'impossibilité de continuer la lutte le lendemain matin, ils. décident, sans aucune
pression de notre part, de rentrer. Tout ce qu'on a écrit là-dessus est faux et
nous attendons un démenti
A cette réunion, les représentants des organisations dont j'ai parlé arrivcnt,
ils essayent de bluffer, de dire que, demain, toutes les autres écoles normales
sortiront, que le mouvement s'étendra, qu'il faut aller jusqu'au bout, mais ils
oublient d'indiquer ,les moyens de lutte.
Ils disaient qu'il fallait lutter jusqu'au bout et quelques minutes après, ils
ajoutaient que la caisse était à sec, qu'ils avaient fait deux voyages, écrit quelques
lettres de plus., qu'a l'ordinaire et qu'ils n'avaient plus d'argent.
Je sais bien que la question d'argent à la Fédération de l'Enseignement
ne nous a jamais gênés, que la Fédération serait venue à notre aide, mais
c'était tout de suite qu'il fallait de l'argent! Or, le syndicat du Finistère aurait
vite trouvé quelques milliers de francs.
A cette réunion, nous avons dit « On vient. de faire une grève de soli-
darité de 48 heures en effet, quelques-uns d'entre eux avaient été mis à la
porte c'est un beau geste, vous avez fait l'impossible et vous allez rentrer non
pas vaincus, mais la tête haute et, d'accord avec vous; nous continuerons la
lutte pour que vos camarades soient réintégrés 1 »
Les représentants des organisations Union fédérale des étudiants et Inter-
nationale ont fait des discours pour montrer que les. Normaliens étaient
d'accord avec eux, puis les Normaliens se sont levés d'un seul élan et ont
laissé les orateurs qui avaient su s'imposer insulter les militants du syndicat.
Quelques jours après, c'était l'article de L'Humanité auquel les Normaliens
ont répondu, mais L'Humanité s'est bien gardé d'insérer leur réponse, dans
laquelle ils disaient:
« Nous répondons à cette infâme calomnie en adressant nos remercie-
ments les plus vifs aux militants du Finistère, qui ont quitté spontanément
la salle de réunion. Aujourd'hui nous leur renouvelons publiquement l'expres-
sion de notre reconnaissance. »
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)