58 V' CONGRÈS NATIONAL ORDINAIRE
des jeunes, Le Jeune Travailleur de l'Enseignement, 1e tract de l'Union générale
des Etudiants, dans tous ces papiers, jusqu'à environ quinze jours après le com-
mencement du mouvement, on ne parle pas de préparation militaire, on- ne
parle exclusivement que de lutte contre le régime intérieur et pour l'améliora-
tion de ce régime. Personne donc .ne parle de 'lutte contre la guerre. On sorti
cela plus de treize jours après, uniquement pour essayer de faire de la propa-
gande en faveur du 1or Août.
'On a voulu trouver des arguments eh faveur de :la .préparation militaire
dans deux faits surtout on a dit « Les Normaliens de Normale .'Supérieure ont
protesté contre la guerre en se solidarisant avec les Normaliens de -Quiinper.
Dans un article du Temps on a également visé la lutte contre la guerre, mais
il faut vous dire que ces faits-là sont venus après les articles de L'Humanité
entre autres un article du 10r juillet dans lesquels on essayait de relier le
mouvement de grève des Normaliens à la lutte contre l'impérialisme.
Nous pensons que 'le fait de donner au mouvement un sens qu'il n'avait pas
et de ile rattacher ainsi à toute l'action d'un parti politique ne pouvait que
nuire aux Normaliens eux-mêmes.
On a dit-: « Le syndicat n'est pas intervenu du tout. » Dès le lendemain
du licenciement, le syndicat du Finistère, appelé par les Normaliens, était sur
la 'hrèche. Je ne vous rappellerai pas tout, je n'entrerai pas dans les détails. Dès
le 9 juin, trois jours,après, le Conseil syndical se réunit et étudie le dossier, il se
trouve en désaccord avec J'Union générale des Etudiants, qui voulaient tout
prix organiser une réunion de Normale en ville; Le syndicat dit « Non, une
réunion Quimper, le danger est trop grantl. a Mais on ne'tient pas compte de
son avis, on passe outre, on réunit les Normalicns et l'on organise le meeting du
19 juin.
Dans ce meeting, le syndicat avait hésité à se faire représenter, ensuite, il y
est allé et il a bien fait parce qu'il a pu corriger en partie 'l'impression mauvaise
du meeting.
En effet, le '1er Août était venu en question dans trois interventions et on
avait donné l'impression que le mou,vement des Normaliens était en quelque
sorte organisé et dirigé par un parti politique. Au lieu de les aider, on les a
« foutus dedans », selon la parole de l'un d'entre eux.
A ce meeting, on parla de guerre impérialiste, de 1-or Août, mais pas beau-
coup des Normaliens.
Le meeting du 19 juin ne fut pas, d'ailleurs, la seule faute.
Le secrétaire de l'Internationale de l'Enseignement adressa un télégramme
nominal au secrétaire de la section des Normaliens, le découvrant ainsi à
l'Administration et, quand on lui en fit le reproche, il a simplement répondu
qu'il voulait que le préfet lîtt sa dépêche.
Vraiment, il n'avait qu'à adresser son télégr.amme au préfet s'il voulait que
celui-ci le lût, mais il n'avait pas à signaler à l'Administration, qui ne le connais-
sait pas, le secrétaire de l'organisation.
él est facile, quand on a mis la pagaïe dans un mouvement, de prendre le
train et de laisser les militants continue leur action.
,Le syndicat du Finistère s'est remis à la tâche,- il a préparé des meetings, il
a fait tout le nécessaire pour renseigner l'opinion publique et les syndiqués.
L'Humanité et La Vie ouvrières ont beaucoup parlé de la trahison des
réformistes de la Fédération unitaire, on nous appelle ainsi, mais cela ne .nous
choque pas parce que nous attendons qu'on combatte le travail du syndicat et
de ceux que l'on traite de réformistes. (Mouvements divers.)
Le travail de -ce syndicat, depuis les dix ans .qu'il existe, est réel et nous
n'insistons pas. Mais nous ne permettons pas que l'on parle de trahison. Déjà,
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)