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PREMIÈRE JOURNÉE 57

INTERVENTION D'ALLOT

Allot. Camarades, vous qui lisez la presse ouvrière, vous avez pu aper-
cevoir que, depuis plus de deux mois, on a écrit pas mal sur le syndicat que je
représente ici on a écrit beaucoup sur le Syndicat de l'Enseignement du Finis-
tère et je dois vous dire qu'on a écrit beaucoup plus de. choses fausses que de
choses vraies.

On a sciemment dénaturé les iaits on a forcé la vérité, car vous pensez
bien qu'il fallait à tout prix, atteindre les militants minoritaires du Finistère, il
fallait à tout prix essayer de tuer les opposants malsains que nous étions.
Mais ceux qui nous ont attaqués, ceux qui nous ont insultés se sont aperçus
que nous étions des Bretons, que nous avions la peau dure et que les coups
ne mordaient pas.

Je vous avoue que je n'avais pas beaucoup l'intention d'intervenir au Con-
grès de la C.G.T.U. pour vous raconter des petites affaires. J'avais lu le rapport
d'activité, rien ne .nous concernait, mais je lis L'Humanité du 7 septembre oit
Monmousseau dit qu'au rapport d'activité il faut ajouter deux amendements le
•lor Août et la grève des Normaliens de Quimper.

Le 1er Août vise Engler et celui-ci est assez gros pour répondre, il l'a fait;
quant à la grève des Normaliens de Quimper cela nous vise et nous venons
répondre.

Je vous avoue que j'avais encore des illusions. Jusqu'au 7 septembre, je
croyais que, lorsqu'un secrétaire confédéral racontait une histoire il prenait au
moins la précaution de l'étudier; or, je me suis aperçu, en lisant l'article de
Monmousseau du 7 septembre, qu'il y a deux affirmations et que ces deux
affirmations sont deux choses fausses.

Il y a ceci « Le Syndicat du Finistère n'est pas intervenu dans la grève ;'il
est intervenu la fin seulement pour donner l'ordre de la rentrée. »
Ces deux affirmations sont deux mensonges et je tiens à les relever ici
aujourd'hui. Il convient donc que le « sinistre état-major », comme nous a appelé
1 'Humanité du 3 juillet, fort de l'appui du syndicat qui, à la presque unanimité
en juillet dernier, nous a approuvé, vienne vous exposer les faits dénoncé
devant le Congrès, et vous expose la véritable genèse du mouvement des Nor-
maliens.

En effet, d'où est parti le mouvement ? Des Normaliens avaient bu un coup
de trop, on les avait punis mais, non content de punir les fautifs, on punit
également les autres camarades, qui n'avaient pas commis de faute de la
lutte.

II y avait lutte pour l'amélioration du régime intérieur de l'Ecole. Dans la
pétition, il y avait ceci « Sortie du jeudi, comme par le passé régime d'été,
comme par le passé. » Mais, et c'est ainsi que l'on a nui au mouvement, on a
voulu donner à ce mouvement un sens qu'il n'avait pas; on a voulu à tout prix
l'attacher au char communiste du 1B'' Août.

En effet, on a dit après coup qu'à la racine de ce mouvement, il y avait la
lutte contre la guerre, la lutte contre l'impérialisme. Eh bien, camarades, cette
racine était si mince que ceux qui nous ont accusés d'avoir brisé la grève ont
mis au moins quinze jours pour la découvrir. Ils ont transformé la lutte contre
la direction en lutte contre l'impérialisme. C'était un non-sens, une erreur et
une faute, car ainsi, on avait brisé la belle unité des Normaliens.

Tous les renseignements fournis par les Normaliens montrent qu'à la base
de cette affaire, il n'a jamais été question de lutte contre la guerre- Dans tout
ce qui a été écrit par les responsables circulaires du Bureau fédéral, protesta-
tions, articles de L'Ecole émancipée, circulaire du Groupe des Jeunes, l'organe
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