PREMIÈRE JOURNÉE 55
Et cette action a toujours éte accomplie par un, révolutionnaire de notre
acabit
Je me tourne vers ceux qui, avant que ces munitions s'amènent sur les
quais d'embarquement et ce n'est pas non plus, comme on le prétend sou-
vent, pour dresser des ouvriers les uns contre les autres mais je demande
à nos camarades cheminots qui ont aussi, dans leur grande majorité, accepté
la résolution de lutte contre la guerre, de faire l'impossible pour que les muni-
tions n'arrivent jamais je me tourne aussi' vers nos camarades des Métaux
et je leur dis « Demandez à vos techniciens quels sont les moyens parfaits.
qui peuvent être employés pour empêcher lés munitions de 'partir quand elles
partiront pour une œuvre autre que la révolution. »
Je sais que, lorsque je quitterai' cette tribune, des camarades diront « Engler,
toujours le même, mais il n'a rien apporté de positif. Devant le Congrès comme
devant les réunions de masse, il ne nous a servi que des plnts démagogiqaès. »
Je serai sans doute démagogue toute nia vie'car j'estime que c'est à la racine
qu'il faut couper 'le mal et lorsque nos camarades métallurgiques ne fabrique-
ront plus de munitions, lorsque les cheminots ne les rouleront plus, nous n'au-
rons plus besoin, nous dockers, de refuser de-Jes embarquer. (Applaudissements.
Je suis absolument convaincu que ces propos font rire la plupart d'entre
vous. Riez, camarades, riez toujours, mais pendant' ce temps-lài, votre influence
sur les masses ne grandit pas, comme vous le dites, et les munitions continuent
a se fabriquer. Voilà sur quoi j'attire votre attention.
Un Délégué. Et tu continues à charger les bateaux.
ENGLER. Si les expressions que j'emploie ne vous conviennent pas, essayez
cependant de deviner ce qu?il.y a daus ma pensée.
Je dois remercier aussi les camarades du Troisième rayon qui ont pensé
nous, l'occasion de l'ouverture de ce Congrès. On nous a fait distribuer
un gentil petit papier
« Travailleurs, travailleuses,
Après le coup du complot div -1er Août, après l'attaque contre l'Humanité,
la presse bourgeoise passe à l'attaque contre les syndicats unitaires, orga-
nisations de. défense de la classe ouvrière, le gouvernement tâche d'empê-
eher,par des procédés fascistes, la tenue du Congrès confédéral de la
C.G.T.U. Il interdit aux municipalités ouvrières de délivrer les salles .pour
les assises de ce Congrès en même temps, toute la presse pourrie, Le Peuple,
Le Popu, L'Anti cfu Peuple en tête, hurlent contre la C.G.T.U. et demandent
sa mise dans 0'illégalité.
Camarades, au moment où la lutte contre la. vie chère, la rationalisa-
tion, la répression et la guerre impérialiste se développent, au moment où'
grandit le mécontentement dans les rangs du prolétariat, la bourgeoisie et
ses valets tentent une suprême manœuvre pour paralyser l'action revendi-
cative de la- C.G.T.U. pour empêcher sa lutte courageuse contre la guerre.
La bourgeoisie dresse contre la C. G. T. U., contre le mouvement syndical
révolutionnaire toutes ses réserves. Elle accorde à la C.G.T; réformiste une
salle luxueuse tandis qu'elle mobilise contre la C.G.T.U. les forces policières.
A l'extérieur, l'opportunisme, et la lâcheté à l'intérieur. Le front unique
contre-révolutionnaire, de L'Ami du Peuple de Coty, à travers Le Populaire
et ses agents provocateurs, jusqu'aux briseurs de grèves dans la C.G.T.U.
les Engler, les Bovine, les Schumacher. (et'ous tonnons un joli triumvirat,
camarades!)
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)