54 V° CONGRÈS NA'l'lOKAiL OttlMNAlRE vous serez obligés de conclure qu'il doit y avoir là-dedans une parcelle d'exigé- ration. (Mouvements divers.) Camarades, tout h fait 'notre aise, non pas en provocateurs, en êtres cyniques, nous revendiquons hautement nos responsabilités, parce que nous avons le courage de les prendre et d'expliquer pourquoi nous avons agi ainsi- Dans ce Congrès, ici comme :à Rouen ou ailleurs, nous ne cherchons gagner personne, nous ne semons pas ce qu'on appelle le boniment de la flatterie, nojiis restons d'une façon très ferme sur mos positions. Nous n'emploierons pas la méthode qui consiste à dire quelqu'un « Oui, c^st entendu, tu as vote contre nous mais c'est parce que tu n'es pas suffisamment éclairx. Viens -par lv, suis- nous dans le petit coin là-bas, nous allons {'expliquer pourquoi, dans l'avenir, il .faudra agir dans tel sens et te dresser contre Engler,. » Nous nous expliquerons toujours publiquement, les uns en face des autres. Combien, dans ce Congrès, ont pensé comme nous et n'ont pas eu le courage de s'affirmer comme nous l'avons fait nous-mêmes? (Applaudissements.) Combien d'autres dans ce Congrès ont accepté des deux mains ce genre do résolution, parce qu'ils savaient que, quant au dond, elle ne les engageait pas grand'chose, 'eux-mêmes étant incapables de faire quoi que ce fût pour la mettre en application (Vifs applaudissements.) Ce que je dis est tellement vrai et le Bureau -confédéral et Ja Commission exécutive ont tellement le talent, je suis obligé de le reconnaître, de mettre tous les militants .qui les suivent a leur aise, qu'au lieu d'avoir un mot d'ordre compréhensible pour tout Je monde et susceptible d'un contrôle sérieux sur l'attitudc et la docilité des masses, on s'est contenté, de dire « Pour ne pas éprouver d'ennuis, si vous pouvez faire la grève générale de vingt-quatre heures, vous devez la faire, c'est un acte révolutionnaire si vous ne pouvez faire que la grève d'une heure, il faut la faire, c'est un geste révolutionnaire; si vous ne pouvez faire que la grève d'une demi-heure, il faut, la Iaire, c'est encore un .geste révolutionnaire si vous ne ,pouvez faire .que la grève d'un quart d'heure, il faut In faire, c'est encore un geste révolutionnaire. (Mouvements divers.) Je sais que, dans l'industrie privée, dans certaines boîtes, malgré la répres- sion patronale et le mouchardage, comme chcai nos camarades cheminots, il est encore possible de se laver les mains dix minutes avant que la cloche sonne. On peut ainsi .affirmer avoir accompli un geste de. révolutionnaire. (Bruit. Vives protestations. Tumulte.) Camarades, j'ai entendu quelques petites interruptions. Je ne sais d'où elles émanent. Mais je demande aux camarades de nie pas m'interrompre, parce que .je suis très dur d'oreille et je ne sais jamais si c'est un -compliment ou une engueulade qui m'est adressé. Alors, je .puis me dispenser des deux. (Rires.) Je persiste à dire .qu'il est possible it des militants qui, au sens propre du mot, n'ont rien fait pour s'élever -contre la grève le 1er Août, d'affirmer que les masses qu'ils .ont sous leur contrôle ont fait un acte révolutionnaire. Eh bien, avec te camarade Engler, ça ne prend pas Le camarade .Engler se tourne vers le Bureau confédéral et vers la Com- mission exécutive et il vous dit « Il y a d'autres moyens plus efficaces de lutter contre la guerre. Il faudrait, pour cela, faire comme les camarades dockers font toutes les fois que l'occasion se présente. A ce Congrès, nous pouvons affirmer que, dans tous les ports de France, t Bordeaux courme à Rouen et ailleurs, il nous est arrivé a différentes reprises .de refuser d'embarquer les munitions a bord des navires à destination des petits Etats qui entourent la Russie des Soviets. (Très bien! Tres bien! Vifs applau- dissements^