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52 CONGRÈS NATIONAL ORDINAIRE

des millions de travailleurs que le Parti sera puissant. C'est pourquoi nous
préférons nous faire exclure du Parti plutôt que de perdre nos membres et
d'affaiblir la C.G.T.U.

Celui qui vous parle n'est pas seulement le représentant des unitaires du
Gaz. Il est aussi le représentant à l'Hôtel de. Vilîe de l'ensemble des agents tech-
niques du gaz. Vous comprendrez quelle a été sa position en face d'une telle
résolution. Agir maladroitement, c'était vraiment faire le jeu des réformistes.
Comprenez-le, ne vous montrez pas intransigeants et surtout ayez bien cons-
cience qu'en agissant comme nous le faisons, nous défendons aussi le Parti
communiste.

Nous aussi, au Gaz de Paris, nous pouvons parler du Premier Août. Les
militants y ont fait leur devoir et je ne crois pas qu'on puisse rien leur reprocher.
On nous avait dit « Tous dans la rue à 11 heures ». Nous avons répondu honnê-
tement à notre Parti que cela n'était pas possible, mais nous avons promis
d'arrêter le travail pendant une demi-heure et nous avons tenu notre promesse.
C'est que nous sommes, quoi qu'on puisse dire, pour une C.G.T.U. puissante,
groupant l'ensemble des exploités de ce pays, afin que, le moment venu, soit
brisé J'appareil capitaliste et instaurée la dictature du prolétariat dans une
société communiste. (Applaudissements.)

LE PRÉSIDENT. ,La parole est au camarade Engler, de la Fédération des
Ports et Docks.

INTERVENTION DE ENGLER

ENGLER. Camarades, ce matin, la Fédération des Ports et Docks n'a pas
été surprise d'être mise en cause dans le discours d'ouverture de ce Congrès.
Nous y sommes habitués. Il y a quelques temps que cela dure et nous sommes
heureux de pouvoir enfin nous expliquer publiquement devant ce Congrès que
nous avons attendu avec impatience.

Quelle est l'origine de la résolution des Ports et Docks qui a été'adressée à
tous nos syndicats ? Nos camarades de la majorité confédérale ne cessent de dire
que l'on a institué définitivement 'la démocratie syndicale. Nous leur demandons
d'instituer, autant que possible, la franchise entre les militants, quelles que soient
leurs tendances.

Devant le Comité fédéral des Ports et Docks, ayant en main la circulaire de
la C.G.T.U., j'ai donc cru de mon devoir d'expliquer aux camarades responsables
des syndicats de dockers ce qui s'était passé lors d'une grève politique déclenchée
en 1925.

Je n'ai nullement l'intention de froisser personne ici. Bien que n'ayant
qu'une éducation de docker, je ne me sers nullement des épithètes blessantes
qu'on emploie à mon égard. Mais je tiens seulement à bien préciser ma pensée.
J'ai appartenu moi-même au Parti communiste et peu importe les raisons
pour lesquelles on m'en a chassé. Cependant, nul ne pourra dire ici qu'étant
du Parti, j'ai jamais manqué à sa discipline. Je fus certainement un communiste
beaucoup plus discipliné que ne le sont quelques-uns qui sont encore membres
du parti.

Bref, nous avions, en octobre 1925, reçu l'ordre de daire la grève pour
manifester contre la guerre du Maroc. J'indiquais tout de suite mes craintes
au sujet, d'un tel mouvement- J'estimais qu'une semblable grève risquait d'effriter
notre organisation syndicale, les patrons étant prêts à employer tous les moyens
pour entrer en lutte avec nous. Malgré ce, les instructions étant impératives,
je me suis incliné. On avait dit « Quelles que soient les conséquences, il faut
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