PREMIÈRE JOURNÉE 49
Je citerai un exemple que nous avons vécu à Toulouse, au moment où, dans
la métallurgie, il y a eu non pas des perspectives de conflit, mais d'un ébranle-
ment, au travers de la lutte ouvrière, de la social-démocratie et du réformisme.
(A.pprobation.)
Or, il s'est avéré la lumière de l'expérience que, par suite du manque de
compréhension de la Fédération, les camarades n'ont pas saisi que cette grève
pouvait être ·la première depuis 1920.
Si nous, les militants de la C.G.T.U., nous n'avons pas compris cela, je vous
assure que le patronat de la métallurgie l'a compris, puisqu'il a accordé des
augmentations de salaires.
Ce sont-là des fautes qu'il nous faut reconnaître parce que, si nous ne les
marquons pas dans nos discussions, cela nous prépare pour demain un désa-
gréable réveil et nous fera une triste publicité devant les masses.
Je passe à la vie de la Confédération aux divers- échelons. Il y a dans pas
mal d'Unions Jocales un camarade qui, évidemment, fait son travail de bureau-
cratie tant bien que mal, qui répond aux lettres et aux demandes, mais où prati-
quement la liaison n'existe pas.
Je dois dire aux cheminots que nous avons un grand reproche à nous faire,
d'un bout à l'autre de notre appareil, parce que nous ne vivons pas assez inti-
mement la vie de la C.G.T.U. dans les localités oit nous sommes.
Nos cadres syndicaux doivent donc constituer l'un des problèmes principaux
qui se poseront devant le Bureau confédéral de demain. Sur le travail passé,
je dois apporter mon point de vue en ce qui touche certaines questions.
Gitton, dans son rapport, a parlé des méthodes employées par le patronat.
Il en est une qui a été insuffisamment soulignée, je crois celle qu'emploie la
bourgeoisie de notre pays pour entraîner dans sa politique la grosse masse des
ouvriers. La persuasion par la parole ne suffisant plus, elle a une multitude de
mesures pour essayer d'attacher l'ouvrier à l'entreprise.
Je ne reviendrai pas sur les écrits déjà publiés, mais je crois que la C.G.T.U.
,et toutes nos organisations doivent considérer le syndicalisme à base multiples
autrement que sous la forme d'une résolution.
Il est ici des camarades qui pourront apporter des exemples puisqu'ils sont
originaires du coin dont je veux -parler. Je citerai le cas de Lavelanet que nous
connaissons bien et où la majorité du prolétariat est entraînée derrière la
C.G.T.U.
En effet, dans ses batailles, il a senti, mieux qu'au travers des discours des
meilleurs orateurs, la réalité de la lutte de classe, il a fait un pas, mais la bour-
geoisie s'en est aperçue, si bien qu'à l'heure actuelle toutes les cloisons étanches
qui pouvaient exister chez elle ont été supprimées et qu'elle a pris le mot d'ordre
de Sarrault a 'Les syndicats unitaires, le Parti communiste, voilà l'ennemi ».
La bourgeoisie a essayé de toutes les mesures pour s'efforcer de détruire
l'influence des révolutionnaires dans cette localité, elle a fait ce que Berlot ne
peut pas concevoir, parce qu'elle savait qu'au travers de l'activité révolution-
naire il y avait autre chose que des phrases des usines destinées changer de
propriétaire un,jour.
C'est pour conserver ses droits de propriété, ses privilèges, qu'elle a brisé
avec toutes les considérations philosophiques pour réaliser le front unique et
essayer de soustraire les ouvriers à notre influence.
Si nous, à la C.G.T.U., nous n'avons pas pensé qu'il fallait S'intéresser à ces
questions secondaires du syndicalisme, si j'ose dire, si nous n'avons pas su nous
intéresser aux jeunesses ouvrières et au sport, le patronat, dans l'industrie textile
de Lavelanet, a su qu'il y avait une couche de jeunes exploités, en dehors de la
vie syndicale, qui ont besoin de distractions.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)