44 V° CONGRÈS NATIONAL ORDINAIRE Et puis, mes camarades, nous trouvons un autre exemple de cette démo- cratie syndicale chez les cheminots, dans l'intervention. de Monmousseau. Nous avions, l'été dernier, à l'ordre du jour de notre Congrès, la question de t'unité et nous avions désigné une commission. Notre Bureau fédéral avait désigné pour le représenter à cette commission, je ne dirai pas le plus intelligent de ses membres, ils le sont tous, mais le plus malin, te plus habile. J'ai cité le camarade Demusois. Notre camarade Demusois après bien des marchandages, si j'ose dire, avait accepté le texte d'une résolution et il avait topé dans la main du camarade qui représentait la minorité. Il ne restait plus qu'à présenter le texte en question au Congrès, puisque c'était accepté par le Bureau fédéral. Demusois s'est alors dit « Je n'ai pas présenté ça au patron ». Monmousseau lui a dit « Tu t'es fait empiler (Rires), réunis à nouveau la commission plénière (nous étions en sous-commission) ». La commission s'est réunie, Monmousseau y est venu. Naturellement, le patron a toujours le dernier mot, cela va de soi. C'est de cette façon,qu'on a présenté au Congrès la motion Monmousseau au lieu de celle de la commission. C'est de la démocratie syndicale Il faut donc enterrer l'unité. Moi, je veux bien, mais il faut le dire franche- ment et ne pas parler d'unité, alors que vous n'en vottlez pas. Je m'en rapportc encore au sens étymologique du mot. Unité veut dire un. On cherchait a avoir un seul organisme syndical en France avec la C.G.T. et la C.G.T.U. Aujourd'hui, vous déclarez qu'on ne peut plus le réaliser, du moins vous devriez le déc'.arer. En tout cas, ne venez plus parler d'unité, quand il ne s'agit plus d'unité. II n'y a pas tellement longtemps, la p'ate-Iorme de la C.G.T. (et elle l'est encore) était la suivante l'unité, elle est possible, venez chez nous, elle est déjà faite. Et nous protestions avec énergie contre cette façon de voir. Or, quelle est la plate-forme de la C.G.T.U. aujourd'hui ?. L'unité, elle est faisable, venez chez nous. Ou alors, unité avec les inorganisés, c'est comme cela qu'on la conçoit aujourd'hui, avec cette réserve « Oui, mais venez chez nous, les inorganisés ». (Protestations.) Je voudrais savoir si, au sein du Congrès, l'idée de l'unité est morte, si, définitivement, vous êtes décidés à laisser aller sur la voie du réformisme, du syndicalisme gouvernemental, la totalité des camarades qui sont derrière les chefs confédérés à J'heure actuelle. (Bruit.) .le voudrais savoir si, nonobstant la mauvaise volonté des chefs confédérés, vous ne ferez rien pour ramener nous les effectifs confédérés. (Alouvements divers.) Il s'agit de savoir si vous considérez les camarades confédérés, de la base au sommet, comme tous pourris. Il s'agit de le dire aujourd'hui. (Vives protesta- tions. Bruit.) Si vous ne considérez pas la situation sous cet angle, il vous faut alors cesser la campagne cf'injures pures qu'on a menée jusqu'ici. Je cite quelques exemples Jouhaux est un traître, un vendu ». (Huées.) Nous le savons. S'il s'agit de mener une véritable compagne, il faut dire simplement « Tel ou tel chef confétléré, en telle occasion, a agi contrairement aux intérêts de la classe ouvrière. Voilà comment nous aurions agi sa place, comment nous agirions le cas échéant ». Ou bien « Dans tel cas, nous avons agi de telle façon et nous avons obtenu tel résultat ». Voilà ce qu'il faut dire. Ainsi vous frapperez l'esprit 'des camarades confédérés. Au contraire, vous n'obtenez rien en continuant à injurier les chefs confédérés qui n'obtiennent peut-être pas davantage eux-mêmes d'ailleurs. Vous n'amènerez pas Il vous les