PREMIÈRE JOURNÉE 41
oir avec nos revendications; elle n'a rien changé; elle n'a peut-être rien
Et puis enfin, le rapport dit: ((Les grèves prennent de plus en plus un
aractère de masse, telles les grèves du textile du Nord, de Rouen, Darnétal, etc.
nterruptions.)
Si vous m'interrom;pez toujours, nous serons obligés d'employer la même
ftctique vis-à-vis des orateurs de la majorité.
Les grèves ont de plus en plus un caractère de masse ?
Forcément, à cause de la concentration économique, des trusts et des con-
tiums qui, à l'heure actuelle, s'entendent pour payer les mêmes salaires, alors
e, autrefois, dans les mêmes localités, vous aviez des maisons à bas salaires
des maisons hauts salaires, si bien que, quand les camarades à bas salaires
traient en grève, c'était ;pour obtenir les mêmes hauts salaires que leurs cama-
des qui, eux, n'étaient pas en grève. Actuellement, avec la politique des bas
laires des trusts et des consortiums, dans les mêmes localités, dans les mêmes
gions, ce sont des masses de travailleurs qui sont touchés par les mêmes bas
laires, d'où il suit que les grèves ne sont pas un fait caractéristique de l'augmen-
tion de l'esprit révolutionnaire.
Et puis, il y a quelque chose que je ne comprends pas très bien. On écrit, en
rlant de la grève d'Halluin « Cette grève, commencée en février pour lutter
ntre une diminution déguisée des salaires et se terminant par une augmentation
salaires, marque la période oû la classe ouvrière passe des grèves défensives
x grèves offensives. »
Je voudrais savoir si le Bureau confédéral considère la grève d'Halluin
mIne une victoire, ou comme un échec des camarades en grève.
Pour nous faire une idée exacte de ce qu'ont été les grèves pendant le courant
l'année, il eût fallu, à mon avis, joindre à ce bulletin d'information le bilan des
ves, marquer tant de grèves à telle époque, succès, échecs, statu quo. Alors,
s aurions pu nous faire une idée exacte des résultats des mouvements gré-
tes. Si, dans une année déterminée, nous avons davantage de grèves, il ne faut
crier' à la victoire. Si davantage de grèves de salaires se sont terminées par
ins de victoires, le bilan que vous donneriez serait un bilan de défaite.
Dans ce même rapport, on nous dit a Avant la période de stabilisation et
rationalisation. » (Interruptions^) Vous me rendrez cette justice que je parle
choses que j'ai étudiées et que je connais. Un camarade me dit que je dis des
ises. J'ai au moins étudié ce que j'ai à vous dire. Je lis le rapport « Avant la
iode de stabilisation et de rationalisation, la France passait pour le pays des
raeves de courte durée. Nous enregistrons un changement considérable sur ce
rain grève du textile d'Halluin dont la durée a dépassé six mois, et nombreux
uvements dans différentes industries. »
J'estime que l'exemple d'Halluin n'est pas convaincant. Qu'est-ce qui fait
ituellement la courte durée des grèves ? Cette courte durée est un facteur
jjfljtnédiat du soutien matériel. Qu'est-ce qu'on a donné à Halluin ? Ce n'est pas
)r reprocher ce qu'on a fait, mais pour marquer de quelle façon la grève a
durer.
m Pendant le premier semestre, 707.350 francs; pendant le deuxième semestre,
et des francs, au total 1.042.350 francs.
-J'estime que des grèves soutenues ainsi financièrement .peuvent durer long-
Bmps. Cet exemple n'est donc pas probant en ce qui concerne la plus longue
urée des grèves..
A cette politique des grèves est rattachée la question des effectifs de la C.
1. U. La minorité prétend, paraît-il, que les effectifs diminuent et le camarade
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)