V° CONGRÈS NATIONAL ORDINAIRE
Jusqu'ici il n'y a pas de programme de lutte, mais simplement des mots,
C'est insuffisant.
Nous passons à l'étude du mouvement gréviste.
Dès le début de l'article, je trouve que le caractère précaire de la stabili-
sation capitaliste s'est manifesté de la manière la plus apparente dans le déve-
loppement de la lutte de classe dans tout le pays.
On fait, à tort, une confusion entre la stabilisation bancaire, qui ne nous
intéresse pas, et la stabilisation économique, qui n'a jamais existé. (Protestations.)
Vous me direz qu'elles doivent aller de pair dans l'esprit des dirigeants et me
rappellerez que Poincaré, lorsqu'il ne voulait pas augmenter les salaires des fonc-
tionnaires, disait que la stabilisation monétaire ferait la stabilisation du coût de
la vie et, par conséquent, stabiliserait les salaires. C'est pourquoi, ajoutait-il, je
ne vous augmenterai pas
Il s'est largement foutu le doigt dans l'œil, mais la C. G. T. U. aussi.
UN DÉLÉGUÉ. Et la minorité aussi
BERLOT. Les prévisions de la C. G. T. U. étaient pour une crise épouvan-
table de chômage, la misère partout.
Or, qu'avons-nous vu? Nous n'avons pas vu de chômage. (Protestations.)
Nous en avons vu moins que jamais.
Ceux qui ont interrompu n'ont pas vu les statistiques. Les statistiques sont
ici, au bureau de la C. G. T. U., où on peut les consulter. Elles montrent que la
crise de chômage a atteint son maxïmum au moment de la stabilisation, pour
être stabilisée un moment et redescendre après. Quand je vous parle d'une dimi-
nution du chômage, je parle avec les statistiques qui sont au bureau de la
C. G. T. U.
Le rapport ajoute « Cette vague de grèves est le signe indiscutable d'une
reprise puissante du mouvement ouvrier international. Le Comité confédéral
national des 24 et 25 février 4928 souligne, en effet, un mouvement de radicalisa-
tion des masses. »
La radicalisation des masses, je vais vous demander Qu'est-ce que c'est ?
(Exclamations.) Est-ce une combativité plus grande chez les camarades, ou bien
est-ce un acquis de conscience révolutionnaire ?
Je continue à lire « Pour l'année 1928, 800 grèves environ sont enregistrées.
Depuis juin de la même année, le nombre est de 600, et la totalité sont des grèves
pour des augmentations de salaires. » C'est cela votre acquis révolutionnaire, mes
camarades ? Quand on lutte pour le ventre, c'est un acquis révolutionnaire, cela ?
(Exclamations.)
Acquis révolutionnaire quand on luttera pour des libertés nouvelles, oui, mais
non pour le ventre. La lutte, mes camarades, quand elle est exclusivement sur le
terrain des nécessités quotidiennes, c'est-à-dire des nécessités du ventre, pour
employer le terme qui marque le mieux, cette lutte ne situe pas un esprit révo-
lutionnaire. Ce n'est pas en demandant seulement des augmentations de salaires
pour acheter du pain qu'on acquiert une mentalité révolutionnaire.
Et si les masses étaient radicalisées, comme vous le prétendez, le gouver-
nement ne se serait pas permis de faire ce qu'il a fait au -10" Mai et au 1°'' Août.
Le rapport ajoute C'est-à-dire que la classe ouvrière passe rapidement de
la résistance active à l'offensive, fait preuve d'une combativité iplus grande en
période de stabilisation et, de rationalisation qu'en 1925, période d'instabilité
financière. »
On se sert à nouveau du même mauvais argument. Avant la stabilisation
financière, la vie. ne cessait d'augmenter après la stabilisation financière là vie
a continué à augmenter par conséquent, la stabilisation financière n'a rien n
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)