PREMIÈRE JOURNÉE 37
soyons en mesure de mettre ces directives en application, afin
d'entraîner dans des luttes plus intensives le prolétariat de ce pays.
Camarades du Congrès, la discussion va s'engager, la direction
confédérale vous fait confiance nous sommes certains qu'ici, tout
[au moins la majorité confédérale, ne reniera pas le passé révo-
lutionnaire de la C. G. T. U., qu'elle fera en sorte, que notre Centrale
syndicale révolutionnaire suive la ligne qu'elle a déjà suivie dans
le passé et qu'au lieu d'aller vers la voie du réformisme ou de
l'opportunisme, elle accentuera sa lutte contre la bourgeoisie afin
d'instituer, d'accord avec le Parti communiste, la dictature du
prolétariat. (Vijs applaudissements.)
Le PRGSIDENT. Camarades, je vous rappelle que la Commission de vérifi-
cation des mandats doit se réunir immédiatement à la salle du Tapis-Vert.
Avant de donner la parole aus' camarades qui l'ont demandée sur le rap-
port d'activité de la C.G.T.U., le Présidium du Congrès vous fait une propo-
sition
Afin que la plus grande partie, ou, tout au moins une /orte partie des
délégués puissent apporter leur point de vue sur le rapport d'activité de la
C.G.7.U., nous vous faisons la proposition cie la linritation du temps de parole
chacun des orateurs.
(Cette proposition est adoptée.)
LE Président. Je donne la parole au camarade Berlot, des Cheminots
e Chatons-sur-Marne.
INTERVENTION DE BERLOT
Beri.ot. Camarades, j'ai voulu, après l'exposé du Bureau confédéral,
ous faire entendre l'humble voix d'un obscur militant de province. Certains
e nos camarades auront peut-être demain tout leur temps de parole afin d'ex-
oser leur point de vue.
Mais je dois d'abord dire que nous avons été surpris par la longueur
aggravée, des Congrès confédéraux qui se suivent après quatre jours, cela a
été six jours après six jours, c'est sept. Nous ne désespérons pas, dans quel-
ques années, tenir les Congrès pendant un mois. (Rires.)
Cette mesure, qui consiste à allonger les débats d'un Congrès en obligeant
es délégués à prendre des congés qu'ils ne peuvent pas toujours obtenir, est
une mesure essentiellement antisyndicale et contraire à la démocratie syndi-
cale. (Applaudissements sur quelques bancs.)
Nous en arriverons, pour si peu que cela continue, à n'avoir ici que des
fonctionnaires syndicaux, ou, suivant la forte parole de notre camarade Tho-
rez, des révolutionnaires professionnels, qui viendront tenir les Congrès. (Ap-
plaudissements sur les mêmes bancs.)
U.\ Délégué. Tous les syndicats sont cependant représentés
Beri.ot. J'appartiens à une corporation qui est celle des Cheminots,
dans laquelle les congés sont de droit c'est celle-là, par conséquent, qui au-
rait le moins à se plaindre. Or, par suite des Congrès successifs Congrès de
réseau, Congrès fédéral, nous n'avons pas, bien qu'ayant des disponibilités
d'argent, pu trouver des camarades qui avaient des disponibilités de congés,
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)