PREMIÈRE JOURNÉE 31
lisme et.le prolétariat aucune organisation intermédiaire. Il n'y a
plus aujourd'hui aucune possibilité de soudure entre deux classes
dont les intérêts sont diamétralement opposés. Cela pose, enfin,
devant la classe ouvrière française, des problèmes très importants
dans la lutte qu'elle a à mener contre la bourgeoisie.
Il faut qu'ici se précisent les moyens à employer pour faire
front au bloc de classe de la bourgeoisie. Il faut aussi réaliser le
nôtre. J'ai lu avec beaucoup d'attention la résolution de l'opposi-
tion, dont'Boville et Schttmachér peuvent être considérés comme
les leaders. Mais, il nous semble qu'en réalité cette opposition n'osé
pas se manifester sous son véritable jour. Elle n'ose pas aller au
fond de sa pensée. C'est, en somme, parce qu'elle a une conception
différente de la nôtre de la situation actuelle du capitalisme inter-
national, qu'elle doit avoir une conception différente de la bataille
des classes.
Mais cette opposition ne peut tout de même pas ignorer le
mouvement actuel des masses. Elle ne peut cependant pas ignorer
la nécessité, pour le. prolétariat français, de réaliser un bloc révolu-
tionnaire homogène. Et d'ailleurs, dans la résolution de la mino-
rité, ,il y a un passage qui indique bien qu'elle estime que le
syndicalisme doit rechercher la collaboration de toutes les autres
forces révolutionnaires pour l'accomplissement de sa mission.
Puisque l'opposition marque la nécessité pour le mouvement
syndical de rechercher la collaboration des forces révolutionnaires
qui sont côté de lui pour arriver à ses fins, c'est bien la preuve
que notre position est juste.
Faisons, en effet, l'étude du problème. Quelles sont donc
actuellement les forces révolutionnaires sur lesquelles le syndica-
lisme peut compter? Y en a-t-il plusieurs? Notre réponse est
catégorique, et. nous le disons franchement A côté du mouve-
ment syndical, expression économique de la masse du prolétariat,
il n'y a qu'une seule force révolutionnaire, c'est le Parti commu-
niste, expression politique du prolétariat. (Applaudissements pro-
longés.)
Quelles sont les autres forces, en dehors du Parti commu-
niste, sur lesquelles peuvent s'appuyer le prolétariat et la C.G.T.U.
pour réaliser la révolution? En .connaissez-vous ?
UN DÉLÉGUÉ. Il n'y en a. pas
GITTON. II n'y en a pas. C'est donc la fin du débat. D'ailleurs,
est-ce nous qui posons la question du travail en commun de la
C. G. T. U. et du Parti communiste ?
Non, camarades, il faut l'avouer en toute franchise. nous arri-
vons avec un peu de retard et la bourgeoisie l'a posé à notre
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)