PREMIÈRE JOURNÉE 29
vait apparaître jusqu'aujourd'hui aux yeux de ceux qui ne voient
pas exactement la situation, ne comprennent pas toute la significa-
tion des problèmes posés, comme étant une union nationale réduite,
une union nationale ne renfermant dans son sein que quelques
partis de réaction, nous avons maintenant la justification de notre
position indiquant que l'union nationale, c'est-à-dire le bloc de la
bourgeoisie, est une chose réalisée à plein, que social-démocrates
et réformistes, que toutes les organisations politiques et écono-
miques sur lesquelles peut s'appuyer la bourgeoisie dans sa lutte
contre la classe ouvrière sont effectivement dans cette union
nationale.
Certains éléments pensaient et pensent peut-être encore que
des distinctions sont à établir entre les partis réellement bourgeois
et réactionnaires qui ne se cachent pas et certaines organisations
qui se réclament encore de la classe ouvrière, par exemple le
Parti socialiste et la C. G. T.
Aujourd'hui, devant les difficultés économiques du capitalisme
international dans chaque pays, la social-démocratie et le réfor-
misme n'ont qu'un objectif, c'est de rendre beaucoup plus formelle
la réalisation de leur union avec la bourgeoisie.
On peut indiquer, en ce qui concerne ce pays, que la participa-
tion effective au pouvoir des social-démocrates est un problème
qui se pose avec le maximum d'actualité et qui, certainement,
sera résolu pratiquement d'ici quelque temps.
Déjà, dans certains pays, la social-démocratie est arrivée au
pouvoir, où elle applique et défend l'impérialisme. Les socialistes
de notre pays ne restent pas inactifs. En liaison directe avec la
bourgeoisie, ils réclament leur place dans le gouvernement.
Il faut se rappeler que Briand, lorsqu'il constitua son ministère,
s'efforça d'amener à lui des éléments socialistes pour mettre sur
pied sa combinaison ministérielle. Depuis cette tentative, des évé-
nements économiques et politiques très importants sont survenus
les socialistes et les réformistes prennent aujourd'hui une nette
position en face du problème de la direction des affaires de la
bourgeoisie.
Si, pendant une certaine période, pour élargir les bases de leur
démagogie au sein des masses ouvrières, il y eut certaines fractions
dans le Parti socialiste qui se prononçaient contre la participation
directe au pouvoir, actuellement les événements économiques et
politiques mettent au pied du mur le Parti socialiste et la bour-
geoisie ces événements obligent la bourgeoisie à donner à cette
union nationale un. caractère beaucoup plus précis aux yeux de
l'opinion publique, l'obligent à attirer au sein du gouvernement
la participation effective des éléments socialistes.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)