PREMIÈRE JOURNÉE 21 Alors, on dit tout de suite la majorité confédérale fait passer les organisés à l'arrière-plan et donne toute l'importance aux inorganisés. C'est une prime à l'inorganisation Notre tactique, là-dessus, notre seul objectif, c'est de faire ren- trer les inorganisés dans la C. G. T. U., c'est d'accentuer notre recrutement syndical. Est-ce que la C. G. T. U. (qui, selon les dé- cisions du Congrès de Bordeaux, doit faire tous ses efforts pour la réalisation d'un syndicalisme de masse), est-ce que la C.G.T.U. peut ignorer la grande masse, l'immense masse des ouvriers inor- ganisés, qui sont les 9/10 des travailleurs de ce pays, et qui sont appelés à jouer, dans la bataille que nous livrons contre la bour- geoisie un rôle déterminant et décisif, sous la conduite des orga- irisations révolutionnaires de ce pays, c'est-à-dire la C. G. T. U. et e Parti communiste, comme nous le dirons tout à l'heure ? Il y a nos camarades de la tendance Schumacher qui, pendant toute une période, avaient indiqué que nous faisions venir à ce Congrès confédéral des inorganisés avec voix délibérative et qu'ainsi c'était supprimer toutes les prérogatives des syndicats et des syndiqués unitaires. C'était vouloir, dans les desseins de la majorité confédérale, battre la minorité avec les inorganisés. Je pense qu'il n'est pas besoin de battre les camarades mino- ritaires, qui ont une fausse conception de la lutte contre le pa- tronat dans les masses ouvrières, au travers de chaque lutte, cette question est posée indiscutablement, les méthodes préco- nisées par nos camarades minoritaires sont tenues en échec par les ouvriers. l Mais nos camarades ont vbulu rectifier leur tir, et Ils ont envoyé à la direction confédérale une petite lettre indiquant que c'était passé inaperçu à l'ensemble des camarades dans la rédaction de leur texte, que ce n'était pas voix délibérative qu'ils avaient voulu mettre, mais qu'au contraire, ils avaient voulu écrire « voix consultative ». C'est un repli déjà et on viendra peut-être nous en donner les raisons tout à l'heure. Les inorganisés, nous les convions dans toutes nos grèves, dans toutes nos batailles contre la bourgeoisie parce que le rôle des organisations syndicales révolutionnaires n'est pas seulement de se préoccuper d'entraîner dans la lutte strictement leurs adhérents, qui ne sont qu'une minorité dans le prolétariats de ce pays mais d'entraîner sous la direction des camarades organisés dans la C. G. T. U. la grande masse ouvrière inorganisée. Nous pensons donc que ceux que nous convions ainsi, pour mener la bataille contre la bourgeoisie, doivent pouvoir se faire une opinion exacte au travers de ce Congrès, de ce qu'est véritablement la C. G. T. Il., de ce que sont ses méthodes de lutte,