PREMIÈRE JOURNÉE 17 agi contre la formation et le fonctionnement régulier d'un comité de grève, en prétendant qu'il suffisait de la Commission exécutive du syndicat pour, finalement, se contenter du. secrétaire du syndicat lui-même. Pour nous, nous ne pouvons admettre que l'on agisse ainsi, car c'est extrêmement préjudiciable aux intérêts immédiats et essentiels des ouvriers lorsqu'ils organisent de pareils mouvements. Sur un autre plan, on a pu constater également des erreurs et des faiblesses dans la grève des dockers de Bordeaux, en ce qui concerne la conception du front unique et aussi la position de la C. G. T. U. dans cette grève. A Bordeaux, pendant la première période du mouvement, on laissait de côté la C. G. T. U., on se contentait d'un front unique très amical réalisé entre quelques confédérés et quelques cama- rades unitaires qui organisaient et dirigeaient pratiquement la grève, mais qui, si la C. G. T. U. n'était intervenue, l'orientaient dans la voie du réformisme et de la liquidation. Sous le prétexte de ne pas briser ce front unique particulière- ment aimable, on ne voulait pas qu'un orateur de la C. G. T. U., par exemple, vienne prendre la parole devant l'assemblée des grévistes. On ne voulait pas heurter les confédérés, on ne stigmati- sait pas leurs erreurs ni leur ligne politique, uniquement pour ne pas briser ce front unique. C'était un enfant chéri qu'il fallait particulièrement choyer Nous pensons, nous, qu'une telle conception qui, en fait, don- nait toute l'initiative et toute la direction de la grève aux réfor- mistes, était une fausse conception et qu'avec l'aide des socialistes de Bordeaux et du patronat nous allions tout simplement, si la C. G, T. U. n'était intervenue, vers une liquidation de la grève et la défaite des dockers. Quant à la position de la C. G. T. U., elle s'est avérée comme juste. Et c'est du jour où la direction de la bataille a pris une autre physionomie, c'est du moment où l'on s'est placé exclusi- vement sur le terrain de la lutte des classes qu'il a été possible pour les dockers d'entrevoir la victoire. Il y a un autre exemple d'erreur la grève textile de Darnétal et de Rouen. Ici, il s'agissait d'entraîner des travailleurs d'une même région, ayant les mêmes intérêts, dans la lutte. L'erreur fondamentale a été de déposer des revendications pour Darnétal, et d'autres revendications pour Rouen. Le problème de l'élargissement des grèves qui se posera certai- nement par la suite devant le Congrès nécessite un examen parti- culièrement attentifs. Si nous voulons vraiment cet élargissement des grèves, il nous