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16 CONGRÈS NATIONAL ORDINAIRE

Mais, pourquoi la minorité niera-t-elle ce nouvel essor révo-
lutionnaire des masses qui, si nous savons faciliter son développe-
ment, nous acheminera vers une période vraiment révolutionnaire ?
Pourquoi? C'est parce que cette minorité n'est pas d'accord avec
nous sur l'analyse de la situation du capitalisme international.
Nous disons, nous, qu'actuellement le capitalisme est à son
déclin, que sa situation n'est pas stabilisée. Nos camarades minori-
taires déclarent, au contraire, que le capitalisme a aujourd'hui
consolidé indubitablement sa situation. Mais, il ne suffit pas de
nier. Il faut prouver. Or, chose curieuse, ce que nos camarades
minoritaires se refusent à voir, les hommes intelligents de la classe
capitaliste qui ont souci de défendre leur classe le constatent.
Eux n'ignorent pas, ne veulent pas ignorer le courant de
mécontentement qui existe aujourd'hui dans la classe ouvrière.
Ils reconnaissent que le capitalisme français, dans le cadre même
du capitalisme international, est à la veille d'une crise politique
et économique très grave. Et parmi les citations que je pourrais
faire ce sujet, je ne veux retenir que ce passage du discours de
Daladier au Congrès radical et radical-socialiste des Basses-Alpes.
Après avoir parlé de l'instabilité de la majorité parlementaire
actuelle, il ajoutait.

« En réalité, il est désormais évident que la courbe de la présente législature,
si l'on peut dire, suit une direction inverse de celle de la législature précédente.
L'ancienne majorité est sur le point de se disloquer, parcé qu'elle a le pressenti-
ment du réveil prochain des masses populaires. »

Mais la minorité veut nier tout cela. Cela serait sans gravité si
nous ne risquions en les suivant dans cette voie d'entraîner notre
Centrale syndicale' révolutionnaire vers le réformisme. Aussi,
défendrons-nous avec acharnement notre conception, parce que
nous la considérons comme la seule juste.

Examinons maintenant la tâche, qui s'impose à la C. G. T. U.
et voyons comment, dans le passé, de Bordeaux à Paris, on s'est
efforcé de la remplir. Faisons de l'autocritique, mais en recon-
naissant nos faiblesses, reconnaissons aussi les résultats heureux
de notre action.

Le problème qui se pose, en premier lieu, devant la C.G.T.U.,
c'est indiscutablement celui de l'organisation des luttes ouvrières;
Malgré les efforts faits à Bordeaux pour préciser notre tactique
et permettre aux grèves un développement normal, des erreurs ont
été commises, des faiblesses ont été constatées.

C'est ainsi que, lors de la grève des mineurs de la Loire, nous
avons vu certains militants s'opposer aux propositions de la direc-
tion confédérale concernant l'organisation de cette grève. On a
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