PREMIÈRE JOURNÉE 15
hlèmes politiques très importants. Chaque fois que, dans un conflit,
les ouvriers partent en lutte contre le patronat pour la simple,
revendication initiale de l'augmentation des salaires, Je mouvement
prend inévitablement un caractère politique. C'est que la question
de l'augmentation des salaires est en relation étroite avec le
problème de la rationalisation capitaliste.
Lorsqu'elle a parlé de rationalisation, là bourgeoisie elle-même
à immédiatement indiqué qu'il fallait lutter, avant tout, contre lés
revendications ouvrières et, en particulier, contre le relèvement
des salaires. C'est qu'elle considérait qu'une telle augmentation
ne pouvait que gêner sa concurrence sur le marché international.
Au travers de la rationalisation, la question de l'augmentation des
salaires pose le problème de la lutte contre la guerre, et c'est
pourquoi dans la mesure où nous luttons contre le développement
de la rationalisation capitaliste, nous luttons également contre la
préparation à la guerre impérialiste et antisoviétique.
Je le répète, toute la question est là. Elle est importante et
c'est pourquoi elle doit être développée clairement et entièrement
devant les masses ouvrières qui risqueraient d'être les dupes des
sociaux-démocrates, des réformistes et du patronat qui ne recule
devant aucun moyen pour arriver à anéantir les mouvements
ouvriers.
Il faut encore faire une constatation importante. Jusqu'à pré-
sent, les forces ouvrières étaient encore sous le contrôle direct
des réformistes et restaient disciplinées dans la C. G. T. réformiste.
Aujourd'hui, devant la nécessité de porter la lutte sur le terrain
de l'action directe,, ces mêmes forces passent par-dessus les chefs
et cheffaillons des organisations de base de la C. G. T. et entrent
dans l'action directe.
C'est le cas de nos camarades dockers de Nantes, auxquels
nous devons ici non seulement adresser un salut fraternel, mais
assurer un appui matériel dans leur lutte pour parvenir à la victoire.
Les dockers de Nantes ont balayé de leur milieu les cheffaillons
réformistes et sont passés à la C. G. T. U. On me dira « C'est un
exemple.» » Oui, mais c'est aussi un signe des temps.
Ce sont de pareils faits, c'est toute la situation actuelle, qui
montrent bien l'existence de ce que nous avons appelé, dans la
résolution qui vous est soumise, « le nouvel essor révolutionnaire
des masses ». Sur ce point, je n'en doute pas, une grande discussion
s'engagera. Il faut qu'elle s'engage, pour que chacun reparte d'ici
avec des conceptions bien claires. Il faut qu'elle s'engage, non
seulement pour l'édification des délégués à ce Congrès, mais pour
l'édification plus importante encore de la masse des adhérents de
la C. G. T. U. de l'ensemble de la classe ouvrière et paysanne.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)