14 V* CONGRÈS NATIONAL ORDINAIRE
Ce sont des faits qui prouvent qu'aujourd'hui nous ne vivons
pas dans une période de stabilité du régime capitaliste chaque
jour apparaissent des éléments nouveaux qui démontrent l'exaspé-
ration de la bataille des classes et qui marquent aussi que, de plus
en plus, les travailleurs entrent dans la lutte directe contre le
patronat et contre la bourgoisie.
Il faut souligner dans ce rapport le développement intensif
poursuivi par le patronat dans la voie de la rationalisation capita-
liste. Dans toutes les industries maîtresses on peut constater que,
ces derniers temps, les méthodes de rationalisation et surtout les
méthodes cherchant à obtenir une augmentation considérable du
rendement de chaque travailleur se sont développées même dans.
des industries où, il y a quelque temps encore, certains militants
voulaient nier les possibilités de développement de la rationalisa-
tion capitaliste.
Voyez donc le bâtiment, voyez chez les dockers. 1)e même
dans les ports, on assiste à toute une transformation du travail
et c'est cette modernisation qui réclame de chaque ouvrier des.
efforts sans cesse accrus qui a d'ailleurs poussé nos camarades
dockers entrer dans la lutte contre la rationalisation capitaliste.
C'est aussi dans les chemins de fer que se développe la rationalisa-
tion". Lâ, les compagnies recherchent la meilleure exploitation de
leurs lignes, quitte Ù supprimer pour cela des lignes secondaires
et les remplacer par les transports automobiles.
Donc, ce mouvement de rationalisation existe. Et s'il a de»
conséquences inéluctables au point de vue extérieur, notamment
en ce qui concerne la guerre, on ne peut nier également qu'il ait
des conséquences Immédiates dans la vie intérieure d'un pays-
La est tout le problème. La rationalisation capitaliste, l'aggravation
des méthodes de répression contre les ouvriers, voilà ce qui
entraîne les masses dans la voie de la radicalisation.
Oh je sais que ce problème soulèvera ici de grosses discus-
sions. Il se trouvera bien des camarades minoritaires pour venir
la tribune nier cette radicalisation des masses. Il s'en trouvera
bien pour venir rappeler que des grèves il y en a toujours eu et
que même avant la guerre on a vu des ouvriers, comme ceux du
bâtiment. résister à la police. Nous ne le nions pas nous-mêmes,
mais nous nous refusons trouver une analogie entre les grèves
du passé et même celles du lendemain de la guerre avec celles
d'aujourd'hui qui se déroulent dans un cadre vraiment particulier.
La police d'autrefois était, c'est incontestable, beaucoup moins
bien organisée, moins bien disciplinée et surtout beaucoup moins.
importante qu'aujourd'hui.
De plus, les batailles ouvrières d'aujourd'hui posent des pro-
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-45877 (1929)