_Prefeçe^_ elle nous donne aufïi plus grande cognoiflance de la diuine puiflance: laquelle le iàint Efprit nous voulant faire entendre, nous admonnefte & enfeigne de regarder la grande magnificence de ceft vniuers,lequel encores qu'il foit trouué admirable, toutesfois il n'eft rien au pris de l'aucl:eur,qiù a les mains fi grades, qu'en vne il con tient tout le môde,& entre deux ou trois doigts il tourne toutela terre.Au demeu- rant ie fcay bien que quelques vns pourront dire: Qui eft ce nouueau Cofmogra- phe qui reprend par fes efcrits quelques auteurs tant anciens que modernes, & alle- gue choies nouuelîes? Mais ie leur demande nature s'eft elle tellement aflrainte & afluiettie aux dits des anciens,qu'il ne lu y fuft loifible au temps aduenir changer,&: donner alternatiue vicifsitude aux choies dont ils auroient fait mention ? Seroit il raisonnable que celle nouueauté, que de iour en iour elle produit en diuerfes con- trées, & incogneues defdits anciens pour n'eftre aduenue de leur temps, & aux modernes, pour n'en auoirfait la recerche,fuft miiè en filence? Que ne s'eft teu Pli- ne,puis que Strabon èc Pompone Mêle auoient traité auaut luy de la Géographie? Et apres eux Ptolomee,Volaterran,& infinis autres defquels (s'ils euffent craint tel- le cenfuTe) nous n'aurions pas les eferits ? Penferoient ils bien pour aplaudir à leur pufilanimitémedeftourner de la iouiffance d'vne liberté commune a tous homes d'emploier toutes leurs actions eftudes & en general tout le cours de leur vie au profit & auantage du bien public? Qyjils fe côtentent donc (quand il n'y auroit au- tre raifonj qu'a la feule confédération que plufieurs liures donnent à leurs auteurs nom immortel,& aux lecteurs quelque fruit & vtilité,ie defîre par ce moien (file prefènt liure mérite d'entre receu de la pofteritéjla memoire en eftre perpétuelle. le diray dauantage,que celuy qui fc deflie de fon efperit, & inuention d'iceluy eft par trop ingrat iu géant que nature,mere de toutes enofes ayt mis en vn homme tous fes dons & graces & que depuis ayt voulu eftre à iamais oyfiue & flerile, n'ayant aucune force de plus produire chofe de recommandation. Que fi ie reprens côme dit eft en aucuns endroits quelques vns, ce n'eft que es lieux euidemment corrigea- bles,& ou par faulte d'experience ils auroient failly ou par trop grande mefgardé &c ignorance. Au furplus vous trouuercz qu'en ce mien ceuure ie me fuis effaié de fai- re comme Solin en ton liure nomme Poly hiftor ou non feulement il fait mention des païs & villes:mais aufsi des animaux,maniere de viure des habitas & plufieurs autres choies fîngulieres: à fin que l'oeuure compofé de diuerfes matières puiffe mieux recréer l'entendement humain,qui eft femblable aux terres, qui demandent diuerfité, & mutation de fèmences. Vous y lirez maintenant des hiftoires mainte- nant des queftions naturelles,non moins vrayes que deleclables tant que le pou- uoir de mô petit efperit f eft peu étendre. Vous y verrez aufsi le plant de quelques Ifles plus notables:n'oubliant en pas vn lieu les degrez tant de leurs longitudes, qui fe prennét de l'Orient aux Ifles Fortunees}que leurs latitudes de TEquinocTrial a l'vn ou l'autre Pole. Enfemble la rondeur du ciel qui eft de trois cens foixante degrez: les trente & deux Rhumbs des vents, & dont ils prennent leurs qualitez & naiflàn- ce,defquels les quatre principaux fe nomment fur lamerOceane,Eft,Oueft, Su, S£ ÎNortJ'vn a l'autre oppofite: & fur les mers Major, Cafpie,& Mediterranee,Leuate, Ponente,Auftro ouMezojorno,&Tramontana.Et quantaux Arabesj&: Mores de lahaute Ethiopie les appellent Charkquy, Elgarby, Alkabela,Bahary. Les Infulai- res Iauiens leurs donnent le mefme nom que font les Indiens fauoir eft Cheloth, Labachz Sémyo, & CherecepL Encores m'eft il fouuenu d'y rapporter les por- traits de plufieurs hommes illuftres tant Chreftiens que Barbares, & de plufieurs beftes,oyfeaux,Pyraimdes,Hippodromes,Coloffes,Co^^