Préface. foixante huit degrez,reuenans en ce mefîne endroit a douze cens vintquatre lieues. L'étendue de la quatriefme partie du monde d'vn Pole à l'autre depuis le deftroiE kuflral, iufq ues au dernier cap Septentrional dit de Terre-fcrme:côtient cent qua- torze degrez de latitude, qui reuiennent à deux mil deux cens o&ante lieuës & en fa plus grande longitude vers noftre Pole Arâique prife du iufdit Cap iufques au Royaume d' yînianAXc peut auoir cent cinquate degrez,qui vallét en ceft endroit Ideux mil cent fèptante cinq lieues. Quant à l'autre partie du coftéde l'Antarctique depuis le cap des Canibales iufques a celuy de Cafma, ou en lâgue des Sauuages du' !païs kclmacb,c[M luy eft oppofé en la mer Pacifique, fa plus grande longitude eft de foixante trois degrez,qui font en ceft endroit mil huit cens nonante lieues françoi- {ks. Voila quelle eft l'eftédue de ceft vniuers laquelle ie vous ay bien voulu mettre jdeuât les yeux en quatre Cartes pour vous faire iuges fi a bon droit ie l'ay diuifé en 'quatre parties contre la commune opinion des anciens ce qui ne fe peut ilfement jcomprendre (ans la Cosmographie les principaux points de laquelle ne feprou-; iucht point par raifon,mais par demonftrations &; expérience, & par veritez ( qu'on, alleo-ue)tellemét qu'vn homme combien qu'il foit raifonnable & bien inftruit aux! lettres Grecques & Latines,ne les peut entendre, fi premierement ne luy ont elle! ̃demonftrees à l'œil. Et pourtant ceux qui ne feauent telle feience & n'entendent jpoint les conceptions de celuy qui eft expérimenté en ceft art, les eftimeront aufsi ifriuolles que celles de celuy qui ne icait rien Ce qui me fait efbahir de quelques rapetaffeurs & reblanchifleurs de vieilles paroys de noftre aage lefqueîs encores qu'ils n'ayentiamaisparty deleurpaïs,ne fauouré vne goutte de l'amertume de! jl'eauë de la mer, ains feulement veu filer les araignes dans leurs chambres &eftu-j |des, fi eft-cetoutesfois qu'ils font fieffrontez que de vouloir faire parade de leurs jliures la plus part remplis de harâgues rlateufès,digreisions, iniures, & impoftures,; & entreprennent de baftir vn oeuure fi grand que celuy de Cofinographie3s'aydansj des efcrits par eux furetez,tant de S trabo, Pompone Mêle, Ptolomee, Volaterran,! jDiodore Sicilien, Herodote, Pline,que autres auteurs anciés. Et outre ce font pro-i jfeflion de traduire,& interpreter plufieurs liures de diuerfes langues côbien quïlsj n'entendent pas feulemét les premiers elemens d'iceux & partant font plus dignes: d'eftre appeliez traditeurs, que traducteurs veu qu'ils trahiflent ceux, les ceuuresi jdefquels ils entreprennent glofer & expofer, les fruftrant de leur gloire, en s'attn- jbuant leur labeur:& par iiiefme moien feduifelit les lecteurs leur mourant le blanc ipourlenoir,&le verd pour le rouge. Quatamoy àDieuneplaifèqueiemevueil-j |îe pannader. ne attribuer le labeur d'autruy, ains rends a chacun ce qui luy appar-j itient, au cô traire prend du mien celuy qui fe couure en fa beftife du nô d'autruy, &| i qui s'en attribue la gloire Se duquel i'eipere monftrer a toute l'Europe i'ineptie& iinilirrKance voyre fon nom,& mefines l'eftoc dont il eft ilîu. Mais pour retourner ja mon propos Cefte difcipiine Cofmographique donques fert pour defcouurir lai vanité de ce en quoy nous nous arreftons, puis abailTant noftre orgueil, elle adreflèi noftre efprit à ce qui eft grand, & ne le permecT: plus f arrefter à ce qui n'eft rien. Et Spour cefte caufe ie penfe qu'il n'y a feience. aDres la Theologie3 qui ay t plus grande- vertu de nous faire cognoiftre la grandeur & puiffance diuine, & l'auoir en admi-' ration que celle la. Ce que vous cognoiftrez eftre vray,fi bien vous confiderez,que ;fi natu re mérite quelque louange, qu'elle ne peut eftre attribuee à autre qu'au crea- •teur.Carfinousnepouuons viuement fentir les mcrueilles qui font en ceft ceuure,. jfàn.s auoir par mefine moien viuc cognoiffance du fa£teur du monde, il eftnecef- ifàire, que dautant que cefte feience nous induit plus auant au fpe£tacle de nature3;