De A.Theuet. Litife L c nij ~;cnde per= mifi aux EfcUues À manger. eftoient plus de deux ces de compaignie,aufli bien rangez, que fi c euft efté vne com- paignie de fanterie & eftoit l'opinion de tous, que c'eftoit punition diuine & d'au- tres,voyans après comme leur Roy fut chafïe de faterre, 6c occis par le Cherif dirent que ce malheur eftoit la fignifiace de la folitude,en laquelle eft depuis tombé le Roy- aume de Fezj Encore à prefent voit on les Lyons aller par bandes,Ôc le font bien fen- tir aux haraz & troupeaux du pais veu que fils trouuent vn troupeau de boeufs, va- ches,ou chameaux^dequoy le païs eit affez fourni,ils en mangeront leur fàoul,& tuét le refte, qu'ils laiflènt là. Ce relie eft par les marchans,à qui appartient le beftial, deli- uré aux efclaues, qui font ramaflez de diuerfes n ations, & ont congé de manger cefte viande,laquelle ils efcorcbent)fàleht,& en font maint bon repas,& les cuirs font ven- duz aux eftrangers. Le Mahometan n'en mange aucunement, pource qu'il luy eft dé- fendu de manger rien de Suffoqué nytuéparvnebefte. Ce que n'obferuent ceux de l'Arabie defertercar par faulte d'autres viandes, font contraints fouuent manger des chameaux, qu'ils trouuent morts de peine, & faim,comme i'ay veu paiïànt les deièrts du mont Sinai. Quant à la foçieté des Lyons, ie le puis dire l'ayant veu. Car comme nous aidons voile le long. de la cofte de Barbarie tirant vers la Guinee,nous vinfines r1 par .force, à caufe des )-ourmentes,à la riuiere de X^Arceâe^ l'entrée de laquelle eft dan- gereufe, non feulement pour l'ifte qui fe présente à fon entrée., àins à caufe des battu- res & rochers:auquel lieu fufmes cinq iours:Sc ce pendant nous en voyons des com- paignies de dix ou douze à. la fois, fe ioüans &: pourmenans fur terre, comme vous voyez le foir & matin en vn pré, ioignant quelque garenne les connils f'efbattre éc fa,uteller. Et puis que ie fuis fur le propos des Lyons, fault noter que le plus grand e£-